POWYS JOHN COWPER (1872-1963)

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Protée et ses métamorphoses

Le thème central des métamorphoses se développe au fur et à mesure de l'œuvre. Dès les premiers romans se débat un anti-héros, qui est, par bien des traits, le reflet de John Cowper Powys lui-même : hésitation devant l'action, nostalgie d'une mort ou d'un sommeil évitant la douloureuse connaissance de soi, choix du suicide contre le mariage et la procréation, qui impliquent la coupure d'avec un milieu familial trop aimé. Powys suggère alors que l'unique solution pour ne pas être à la merci de ces puissants qu'incarnent les « seigneurs de la vie », les riches, les hommes virils et castrateurs, les psychiatres et les vivisecteurs, ou Dieu lui-même en tant que cruelle Cause première, est de savoir émigrer en d'autres sphères, « subhumaines » ou « surhumaines », grâce auxquelles s'évader du présent.

L'écrivain fait surgir un monde de rêve intérieur plus puissant que tout réel, et exprime une empathie si grande pour le minéral, le végétal, l'animal que le héros, loin d'être confiné là où une fatalité le poursuit, se trouve déjà libéré, dissocié, scindé, multiplié, hors d'atteinte, protégé par ses diverses incarnations. C'est ce qu'affirme le premier roman de Powys, maladroit peut-être, mais révélateur, Bois et Pierre (Wood and Stone, 1915), où le paria Quincunx perdure envers et contre tous. Les deux romans qui suivent, par leur description du joug des instincts de mort, laissent prévoir la nécessité pour l'anti-héros de transmuer l'autodestruction en pouvoir créateur. Rodmoor (1916), peut-être le plus sombre de ces romans, dans lequel meurent trois personnages, est hanté par l'océan, dont l'eau maléfique prend une importance d'autant plus grande qu'elle dévoile l'identification des fils à une mère à la fois masochiste et dévoratrice. Dans Givre et Sang (Ducdame, 1925), le protagoniste s'identifie au givre, à la neige, aux brumes cimmériennes au point de se sentir détaché de tout amour et de pouvoir se réfugier dans une solitude mortelle qu'aucune femme ne parvient à peupler ni à vaincre. Mais c'est avec Wolf Solent (1929) que ce désir de fuit [...]

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Diane de MARGERIE, « POWYS JOHN COWPER - (1872-1963) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-cowper-powys/