BUNYAN JOHN (1628-1688)

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Sa lutte spirituelle

La vie de Bunyan fut dominée par le sentiment de son indignité spirituelle et le souci de vivre « justifié devant Dieu », en se sachant pécheur. Tout, dans son éducation, au village d'Esltow, près de Bedford, le dispose à entendre l'appel à la fidélité religieuse la plus rigoureuse, jusqu'à l'amener à se faire scrupule de prendre quelque plaisir à entendre sonner les cloches de l'église ; il vit aussi de bonne heure dans la crainte de la damnation. Il lit des récits d'aventures dont il nourrira ses récits allégoriques. Il se méfie autant des égarements des illuminés que des poussées de l'athéisme qu'ils sent naître en lui, préférant le désespoir à l'indifférence et à la tiédeur, l'inquiétude à la sérénité qui est pourtant, il le pressent, l'objet même de son « pèlerinage » vers la « cité céleste » dont tout puritain entretient la vision, tandis que la vie terrestre reste « la vallée de l'ombre de la mort ».

Durant la guerre civile, il est deux ans soldat (1644-1645). Échappant miraculeusement à la mort, il est libéré, rendu à la vie civile et se marie en 1648. Sa lutte spirituelle commence, plus ardente ; la lecture de la Bible, et en particulier de l'Épître aux Galates, lui donne ce sentiment angoissant de sa condition dont son autobiographie, La grâce abonde (1666), sera l'analyse impitoyablement lucide et obsédante. Autour de lui se manifestent les quakers, vers qui il n'est aucunement porté, car il leur reproche leur théologie insuffisante. Sans être doctrinaire, Bunyan entend prêcher tout l'Évangile sans en rien retrancher, sans y rien ajouter.

Au retour des Stuarts, il est l'une des premières victimes de la politique intransigeante du souverain contre les non-conformistes qui refusent le serment de fidélité à Charles II et ne veulent pas user du Common Prayer Book imposé par l'Église anglicane ; il est emprisonné, comme bon nombre de pasteurs et de laïcs ; sa résistance passive impressionne les tribunaux mis en place par Clarendon, et il mène une vie douloureuse, tandis que sa femme et sa fille [...]

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Jacques BLONDEL, « BUNYAN JOHN - (1628-1688) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-bunyan/