BALDESSARI JOHN (1931- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dans le sillage de l'art conceptuel

Témoignant d'un rapport conflictuel à la peinture, dont il décortiquera aussi bien le contenant que le contenu, John Baldessari n'a cessé, dès le début des années 1960, de développer des propositions ambivalentes, relevant d'une forme tantôt de proximité et d'attirance, tantôt de distance et de rejet de la chose picturale, qui aboutiront en 1970 au Cremation Project, performance durant laquelle presque toute sa production peinte de mai 1953 à mars 1966 fut brûlée à des fins régénératrices, les cendres de ses toiles étant désormais conservées dans une urne à valeur de reliquaire. Les rares travaux épargnés par le Cremation Project ne nous permettent pas d'appréhender dans sa globalité les ramifications d'une œuvre de jeunesse qui démontre cependant déjà l'attrait de l'artiste californien pour l'imagerie de masse, à commencer par les affiches publicitaires, et plus généralement les procédés de reproduction mécanisés.

En 1966, John Baldessari « supervise » ses premiers travaux fondés sur le langage, qui se présentent sous forme de citations extraites d'ouvrages d'histoire ou de critique d'art et appliquées, à sa demande, par des peintres d'enseigne sur des toiles pastel, blanches ou grises « monochromes », censées correspondre à une typographie qui se veut la plus neutre possible. Interrogeant le statut de l'auteur et celui du tableau, à une époque où le modèle téléologique établi par Clement Greenberg (certaines citations sont empruntées aux écrits du critique moderniste) est remis en question par les esthétiques minimaliste et conceptuelle, ces œuvres répondent, qu'on le veuille ou non, à l'appellation de « peinture sur toile », et préfigurent les Commissioned Paintings qui en prolongeront le caractère paradoxal.

Réalisées en 1969 par des peintres du dimanche, à partir de photographies représentant une main qui désigne des objets quelconques, ces « peintures commandées » par John Baldessari associent des images peintes sur un mode hyperréal [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l'université de Valenciennes, critique d'art, commissaire d'expositions

Classification

Autres références

«  BALDESSARI JOHN (1931- )  » est également traité dans :

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - Les arts plastiques

  • Écrit par 
  • François BRUNET, 
  • Éric de CHASSEY, 
  • Erik VERHAGEN
  • , Universalis
  •  • 13 475 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « De l'influence de l'art conceptuel »  : […] Ces mêmes principes d'unicité, d'indivisibilité, de symétrie et de clarté, souvent teintés de revendications nihilistes, se retrouvent en partie dans le pop art, qui constitue une autre des échappatoires au récit moderniste. Bien que d'origine britannique, le phénomène pop va connaître une expansion et une notoriété sans équivalents aux États-Unis. Ses représentants, plus ou moins dissidents, ceu […] Lire la suite

POSTMODERNISME

  • Écrit par 
  • Carla CANULLO, 
  • Romain JOBEZ, 
  • Erik VERHAGEN
  •  • 5 158 mots

Dans le chapitre « L'emprunt et la citation »  : […] L'idée selon laquelle le postmodernisme serait prioritairement une dérive pour ainsi dire autocritique du modernisme mettant en lumière certains de ses aspects refoulés ne résiste donc pas à un examen attentif de l'éparpillement des valeurs qui caractérise l'art à partir des années 1980. Indépendamment de sa « volatilité en éther esthétique », l'art va de plus en plus se détourner de tout projet v […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Erik VERHAGEN, « BALDESSARI JOHN (1931- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-baldessari/