JŌCHŌ (mort en 1057)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un sculpteur national

Jōchō, dont la date de naissance est inconnue, se révèle en 1022. Il descendrait, à la cinquième génération, de l'empereur Kōkō (règne : 885-888) et ses aïeux auraient été gouverneurs des provinces du centre. Dans sa jeunesse, il est l'élève, peut-être même le fils adoptif, de Kōshō, prêtre-sculpteur à la fin du xe siècle. Si aucune œuvre de Kōshō n'est conservée, il est resté célèbre pour avoir travaillé, avec ses assistants dont Jōchō, au service de Fujiwara Michinaga, dans le Muryō-in du Hōjō-ji, ancien temple de Kyōto.

Jōchō, artiste précoce et sûrement remarquable, se voit conférer, à l'inauguration du pavillon central du Hōjō-ji, en 1022, le titre bouddhique de hokkyō (« pont de la Loi »). C'est le premier sculpteur à recevoir un tel honneur, qui sera suivi de bien d'autres. En 1023, il serait chargé d'exécuter la triade de Yakushi Nyorai et les six Kannon (en sanskrit, Avalokiteśvara) pour le Yakushidō du Hōjō-ji. En 1026, il sculpte les vingt-sept statues grandeur nature faisant partie de l'offrande pour l'heureux enfantement de Iko, épouse de l'empereur Go-Ichijō. À la mort de ce dernier, en 1036, Jōchō est chargé des images destinées à ses funérailles. La même année, il travaille à une statuette en argent de Yakushi Nyorai, qui deviendra l'icône tutélaire de l'empereur Go-Shujaku. En 1048, comme remerciements de ses services au Kōfuku-ji de Nara, il reçoit le titre de hōgen (« œil de la Loi »), supérieur à celui de hokkyō. Son œuvre la plus célèbre, l'Amida Nyorai (en sanskrit, Amitābha) commandé par Fujiwara Yorimichi pour son pavillon du Phénix (Hōōdō) du Byōdōin à Uji, où il est encore conservé, ne date pourtant que de 1053. Enfin, sa dernière création, depuis longtemps disparue, est probablement un Amida Nyorai de seize pieds de haut (jōroku), fait en 1054 pour la chapelle privée du courtisan Kunitsume no Ason, au Nishino-in (Kyōto). Ce chef-d'œuvre, témoin du génie de Jōchō, est ainsi évoqué dans les textes de l [...]

Le Hoodo

Le Hoodo

Photographie

Le Hoodo (pavillon du Phénix) du Byodo-in à Uji, près de Kyoto, au Japon, par Fujiwara Yorimichi, en 1053. 

Crédits : Bridgeman Images

Afficher


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  JOCHO (mort en 1057)  » est également traité dans :

JAPON (Arts et culture) - Les arts

  • Écrit par 
  • François BERTHIER, 
  • François CHASLIN, 
  • Nicolas FIÉVÉ, 
  • Anne GOSSOT, 
  • Chantal KOZYREFF, 
  • Hervé LE GOFF, 
  • Françoise LEVAILLANT, 
  • Daisy LION-GOLDSCHMIDT, 
  • Shiori NAKAMA, 
  • Madeleine PAUL-DAVID
  • , Universalis
  •  • 56 364 mots
  •  • 34 médias

Dans le chapitre « L'emprise des sectes »  : […] En 794, la capitale fut transférée à Heian-kyō (Kyōto) ; l'époque de Nara fit place à celle de Heian, qui allait se dérouler jusqu'à la fin du xii e  siècle. Sur le plan religieux, cette ère nouvelle est marquée par une évolution de l'attitude des Japonais vis-à-vis du bouddhisme. Jusqu'au viii e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/japon-arts-et-culture-les-arts/#i_18130

Voir aussi

Pour citer l’article

Marie MATHELIN, « JŌCHŌ (mort en 1057) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jocho/