JIN PING MEI [KIN P'ING MEI] (fin XVIe s.), roman

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La vie privée d'un homme d'affaires polygame

Le Jin Ping Mei se greffe sur un épisode du Shui hu zhuan (Au bord de l'eau), le fameux roman populaire qui chante les exploits d'une bande de hors-la-loi. Wu Song, qui vient de tuer à poings nus un tigre, rejoint son frère, avorton incapable de satisfaire sa jeune et jolie épouse, Lotus d'Or. Repoussée par son loyal beau-frère, elle se donne à Ximen Qing, apothicaire amateur de femmes, tyranneau rusé et redouté. À l'instigation de l'entremetteuse, tenancière de la maison de thé voisine, l'adultère se débarrasse par l'arsenic du mari alerté. Rentrant de mission, Wu Song tue les trois responsables de la mort de son frère. Dans le Jin Ping Mei, il échoue, est condamné à l'exil pour le meurtre d'un fonctionnaire subalterne soudoyé par Ximen Qing et ne reviendra venger son frère qu'au 87e chapitre. Entraîné par l'insatiable Lotus d'Or à prendre une dose excessive d'aphrodisiaque, Ximen Qing, déjà affaibli par ses excès, aura trouvé la mort dès le chapitre 79. La partie principale du roman rend compte d'une période d'à peine plus de quatre ans (1114-1118), à l'époque de la fin des Song du Nord dont maint écrit s'est complu à décrire la corruption.

Sauf quelques voyages épisodiques, tout se passe dans une ville moyenne du Shandong, non loin du Grand Canal, qui connaissait au xvie siècle une intense activité commerciale, favorisée par le trafic entre Pékin et les riches régions du Sud-Est. On ne quitte que rarement la luxueuse résidence que Ximen Qing a fait agrandir en épousant, à titre de sixième concubine, la riche voisine qu'il avait conquise avant même son veuvage. Jeune, élégant et généreux, l'amant dispose d'un petit arsenal d'instruments qui attachent celles qui l'ont attiré. La réussite des entreprises commerciales et financières de Ximen Qing repose aussi sur des appuis extérieurs. Allié par son gendre à un personnage bien en cour, il sait cultiver la bonne volonté des autorités locales. Des cadeaux substantiels lui gagnent opportunément les bonnes grâces de l'homme alors l [...]

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-VII, responsable de la section d'études chinoises à l'université de Bordeaux-III

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André LEVY, « JIN PING MEI [KIN P'ING MEI] (fin XVIe s.), roman », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jin-ping-mei-kin-p-ing-mei-roman/