JEUX OLYMPIQUESLes femmes et les Jeux

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une indispensable parité ?

La lente évolution des relations entre l'olympisme et les femmes connaît une réelle inflexion avec l'élection de Juan Antonio Samaranch à la tête du C.I.O. le 16 juillet 1980. En effet, le Catalan fait de l'ouverture du mouvement olympique aux femmes un des axes forts de son programme. Dès 1981, deux femmes, Flor Isava-Fonseca (Venezuela) et Pirjo Häggman (Finlande), intègrent le C.I.O., institution jusque-là uniquement masculine. Plusieurs sports s'ouvrent aux femmes : cyclisme (1984 pour la route, 1988 pour la piste), tir (1984), judo (1992), football (1996), haltérophilie (2000), pentathlon moderne (2000), water-polo (2000), lutte libre (2004), boxe (2012) pour les Jeux d'été ; biathlon (1992), hockey sur glace (1998), bobsleigh (2002), saut à skis (2014) pour les Jeux d'hiver. Les nouvelles disciplines olympiques (tennis de table, 1988 ; badminton, ski acrobatique et short-track, 1992 ; snowboard et curling, 1998 ; taekwondo et triathlon, 2000 ; skeleton, 2002) sont immédiatement proposées aux femmes comme aux hommes. La représentation féminine aux Jeux croît de ce fait. En 1980, les femmes représentaient 21,5 p. 100 des concurrents des Jeux d'été de Moscou, 20,8 p. 100 des concurrents des Jeux d'hiver de Lake Placid. En 2012, aux Jeux d'été de Londres, 44,2 p. 100 des concurrents étaient des femmes ; en 2014, aux Jeux d'hiver de Sotchi, 40,5 p. 100 des concurrents étaient des femmes.

Par ailleurs, lors de son congrès du centenaire tenu à Paris en 1994, le C.I.O. inscrit dans sa Charte (article 2, paragraphe 5) sa volonté de parité : « Le C.I.O. veille, par tous les moyens appropriés, à la promotion des femmes dans le sport à tous les niveaux et dans toutes les structures et notamment dans les organes exécutifs des organisations sportives nationales et internationales en vue de l'application stricte du principe d'égalité des sexes. » Il crée en mars 1995 un groupe de travail spécifique, lequel devient en mars 2004 la très officielle commission Femme et sport du Comité.

Les femmes ont acquis leur place entière dans le mouvement olympique. Néanmoins, après plus de quatre-vingts ans d'obscurantisme, cette intégration féminine à marche forcée ne va pas sans poser problème. Le C.I.O. doit en effet gérer à la fois le gigantisme des Jeux et la féminisation des sports. Les Jeux ont sans doute atteint les limites du gigantisme à Atlanta en 1996. Il fut alors décidé que le nombre d'épreuves n'augmenterait plus à partir de 2000. Dès lors, pour intégrer les disciplines féminines, il devient nécessaire de supprimer des épreuves masculines, dont certaines sont pourtant ancrées dans l'histoire olympique. Ainsi, pour permettre l'arrivée aux Jeux de l'haltérophilie féminine en 2000, toutes les catégories de poids masculines sont révisées (le nombre de catégories passe de dix à huit), ce qui introduit une certaine confusion ; en outre, la pratique féminine de ce sport est loin d'être universelle (seuls les pays d'Asie, au premier rang desquels la Chine, et les ex-républiques soviétiques présentent des haltérophiles féminines de valeur). En cyclisme, le kilomètre est rayé du programme en 2008, la poursuite individuelle masculine disparaît en 2012 : la place est libre pour trois épreuves féminines qui ne font pas l'unanimité : vitesse par équipes, keirin, poursuite par équipes. Des voix s'élèvent contre la présence du hockey sur glace féminin aux jeux Olympiques, car seulement deux pays (Canada et États-Unis) sont en mesure de présenter une équipe compétitive...

Chen Xiexia

Photographie : Chen Xiexia

Dans un souci de parité, le C.I.O. a inscrit l'haltérophilie féminine au programme olympique en 2000. Pourtant, la pratique féminine de ce sport est loin d'être universelle. Les meilleures concurrentes viennent de Chine et des républiques issues de l'U.R.S.S. Ici, la Chinoise Chen Xiexia... 

Crédits : Rungroj Yongrit/ EPA

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

Classification

Voir aussi

Les derniers événements

12 février 2021 Japon. Démission du président du comité d'organisation des jeux Olympiques de Tōkyō.

jeux Olympiques de Tōkyō, Yoshiro Mori, présente sa démission. À la suite de propos sexistes tenus au début du mois – il avait affirmé que « les femmes parlent trop pendant les réunions » –, il faisait l’objet d’une pétition réclamant son départ, des centaines de bénévoles impliqués dans l’organisation des Jeux avaient annoncé leur retrait et de gros […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « JEUX OLYMPIQUES - Les femmes et les Jeux », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques-les-femmes-et-les-jeux/