JEUX OLYMPIQUESLe village olympique

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Le village olympique fait désormais partie intégrante du paysage des Jeux, dont il constitue un élément important. En effet, les médias s'intéressent parfois autant à l'intelligence de la conception et à la qualité de l'architecture de celui-ci qu'à la perfection des installations sportives. En outre, pour respecter le cahier des charges du C.I.O., chaque ville candidate à l'organisation des Jeux doit prendre en compte divers éléments relatifs au village olympique : préservation de l'environnement, pérennité des installations, coût...

Ce village olympique, lequel va donc devenir au fil des éditions un élément incontournable des infrastructures des Jeux, avec des réussites architecturales parfois discutables et un réemploi souvent aléatoire, naît dans une extrême discrétion à l'occasion des Jeux de Paris en 1924. Jusque-là, sportifs et officiels devaient assurer par eux-mêmes leur logement, ce qui constituait souvent une lourde charge pour les comités olympiques nationaux. En 1924, Louis Faure-Dujarric, architecte du stade de Colombes, inclut dans son projet un « village » destiné à héberger les athlètes. Ce « village » jouxte donc le stade et est constitué de maisonnettes – en fait des cabanes en bois au confort spartiate, sans charme aucun, sorties de terre dans cette banlieue triste – disposant de chambres à trois lits. Au cœur du « village », matérialisé à son entrée par une simple pancarte ovale, les résidents ont à leur disposition divers services nécessaires : bureau de poste, librairie, kiosque à journaux, salon de coiffure, blanchisserie, infirmerie, poste de garde pour les objets de valeur. Un immense restaurant, aux menus peu variés – lesquels comprennent une demi-bouteille de vin rouge ou blanc (ou une demi-canette de bière) au déjeuner –, permet aux champions de se sustenter. Néanmoins, loger au village olympique n'est pas une obligation : ainsi, les Américains – car se préparer pour concourir aux Jeux est chose sérieuse – préféreront établir leurs quartiers dans le parc du château de Rocquencourt.

Village olympique, Paris (Colombes), 1924

Photographie : Village olympique, Paris (Colombes), 1924

Le premier village olympique destiné à loger les sportifs fut implanté à Colombes, à l'occasion des Jeux de Paris, en 1924. Les installations rudimentaires ont peu de chose à voir avec les bâtiments ultramodernes qui sont désormais construits pour le confort des athlètes. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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C'est en 1932, à l'occasion des Jeux de Los Angeles, que le premier village olympique digne de ce nom, fruit de deux ans d'études et de travaux, est construit. Adossé aux collines de Baldwin, surplombant le Pacifique, celui-ci est constitué de quelque sept cents maisons de deux pièces, équipées de salles de douche, s'alignant dans un ovale parfait. Le village est parsemé de massifs de fleurs et de jets d'eau. Restaurants, salles de jeu, bibliothèques, amphithéâtre, hôpital, banque, salles de cinéma : rien n'est trop beau pour le confort et la distraction des champions. Leur sécurité est assurée par une compagnie de policiers costumés en cow-boys qui trottent jour et nuit dans le village. Mais tous ces équipements ne sont pas destinés aux championnes – séparation des sexes et misogynie obligent –, qui sont logées dans un hôtel situé sur Wilshire Boulevard. Le village olympique de Los Angeles servira de « prototype » pour les villages futurs.

En 1936, dans leur entreprise d'annexion des Jeux qui donne lieu à une gigantesque mascarade, les nazis n'oublient pas d'inclure le village olympique dans leur propagande. Celui-ci est édifié à 15 kilomètres du stade olympique de Berlin, dans une vallée luxuriante baignée par un lac tranquille où s'ébattent quelques palmipèdes. Cent quarante maisons cossues, qui peuvent recevoir de vingt à vingt-quatre personnes, sont dotées d'un confort inouï pour l'époque : chaque chambre est équipée d'une douche et du chauffage. Stade d'entraînement, salles de massage, saunas, gymnases, rings de boxe et autres installations permettent aux sportifs de peaufiner leur préparation. Pas moins de quarante restaurants, proposant des menus très élaborés (pour les Français, le vin de Bordeaux est sur toutes les tables), sont là pour satisfaire les papilles des participants. Chaque soir, des artistes locaux se produisent dans divers spectacles ; une salle de cinéma est à la disposition des athlètes. Enfin, le nec plus ultra : les résidents peuvent regarder les épreuves des jeux Olympiques grâce à un système interne de télévision câblée. « Le village est charmant ; on y respire librement, libéré des obsessions d'un peuple galvanisé jusqu'au mysticisme », peut-on lire dans L'Auto sous la plume, naïve ou complice, de Robert Perrier...

En 1952, avec l'arrivée de l'U.R.S.S. aux Jeux, le village olympique est le premier terrain d'« affrontement » diplomatique E [...]

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « JEUX OLYMPIQUES - Le village olympique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques-le-village-olympique/