JEUX OLYMPIQUESLe coût des Jeux

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Des bénéfices indirects difficiles à quantifier

Organiser les jeux Olympiques ne peut plus se traduire par des bénéfices opérationnels directs ; néanmoins, derrière un bilan financier négatif se cachent des bénéfices indirects. Par exemple, le coût des Jeux d'hiver de Vancouver, en 2010, est estimé à 4,15 milliards d'euros, mais le gouvernement d'Ottawa espère que tous les efforts consentis à l'occasion de ces Jeux généreront indirectement 7 milliards d'euros pour l'économie du pays.

Ainsi, les Jeux nécessitent toujours la construction ou la rénovation d'installations sportives ; reste à les concevoir de manière qu'elles puissent être rentabilisées par la suite. En outre, les Jeux sont souvent l'occasion de construire ou de rénover des infrastructures durables, notamment en ce qui concerne les transports ; ils servent parfois aussi de prétexte à la réhabilitation de zones urbaines. Les Jeux peuvent aussi donner une nouvelle impulsion à l'économie locale, boostée par le projet, ou profiter au tourisme, les retombées des Jeux en termes de visibilité médiatique pour une ville et un pays étant incomparables : aucune campagne publicitaire ne pourrait rivaliser avec la visibilité olympique.

Concernant les installations sportives, la durabilité d'exploitation est seule en mesure d'en amortir le coût ; encore faut-il que celles-ci soient conçues avec cet objectif, ce qui est rarement le cas. Le stade olympique, qui constitue la plupart du temps le joyau de ces installations, peut avoir une existence postolympique à l'une des deux conditions suivantes : il doit être le théâtre d'autres manifestations internationales ou être exploité par un club sportif professionnel résident. Cependant, la rareté des compétitions internationales d'envergure (qui se limitent dans les faits aux Championnats du monde ou continentaux d'athlétisme et à la Coupe du monde ou à l'Euro de football) rend le réemploi du stade olympique aléatoire. Néanmoins, le stade olympique d'Helsinki (Jeux de 1952) a accueilli les Championnats du monde d'athlétisme en 1983 puis, après rénovation, en 2005 ; il sert aussi d'enceinte pour des concerts (les Rolling Stones s'y sont produits à plusieurs reprises depuis 1970, Michael Jackson y a donné un concert en 1997, U2 en 2010). Le Stadio olimpico, à Rome, a lui aussi accueilli les Championnats du monde d'athlétisme (en 1987), mais également, après rénovation, la finale de la Coupe du monde de football en 1990. En outre, et c'est là le second aspect – le plus important – du réemploi d'un stade olympique, l'A.S. Rome et la Lazio Rome sont les deux clubs professionnels de football résidents du Stadio olimpico, qui de ce fait est utilisé en permanence. Le stade olympique d'Atlanta (1996) fut reconverti juste après les Jeux en enceinte de base-ball. Le stade olympique édifié pour les Jeux de Sydney en 2000 accueille de nombreux matchs de football australien, de cricket, de rugby à XIII et à XV. Mais les exemples de réemploi s'avèrent extrêmement rares. Par ailleurs, certaines installations sportives peuvent être ouvertes au grand public pour des activités de loisir : ainsi du « cube d'eau », la piscine édifiée pour les jeux Olympiques de Pékin en 2008, devenu en 2010 le plus grand parc aquatique d'Asie, un lieu de distraction prisé des familles.

A contrario, de nombreuses installations sportives tombent en désuétude peu après la clôture des Jeux, ce phénomène se vérifiant surtout pour les Jeux d'hiver. Ainsi, une grande partie des équipements sportifs édifiés pour les Jeux de Grenoble en 1968 (piste de bobsleigh de L'Alpe-d'Huez, tremplin de saut à skis de Saint-Nizier, etc.) furent laissés à l'abandon. De même, les organisateurs des Jeux de Turin, en 2006, concédèrent dès avant les compétitions que la piste de bobsleigh Cesana Pariol, construite pour 90 millions d'euros, n'aurait plus aucune utilité après les Jeux...

La modernisation des infrastructures publiques constitue le deuxième bénéfice indirect induits par les Jeux. Par exemple, en 1960, l'État italien investit 60 milliards de lires pour édifier ou moderniser les infrastructures (26 milliards pour l'aéroport de Flumicino, 20 milliards pour le réseau routier et la construction de ponts sur le Tibre). Dans l'optique des Jeux de Grenoble, en 1968, l'État accélère la construction de l'aéroport international de Grenoble-Isère, inauguré en décembre 1967, alors que la ville s'enrichit d'un nouvel [...]

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  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « JEUX OLYMPIQUES - Le coût des Jeux », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques-le-cout-des-jeux/