JEUX OLYMPIQUESLa renaissance des Jeux

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Les fouilles d'Olympie

L'existence des jeux Olympiques de l'Antiquité est attestée par plusieurs écrits, notamment les Olympiques de Pindare (ve siècle avant J.-C.) : celles-ci font partie des Épinicies, un ensemble d'odes destinées à célébrer les vainqueurs des compétitions sportives de la Grèce antique. Quatre livres des Épinicies ont été conservés : ils se composent de quatorze Olympiques, douze Pythiques, onze Néméennes et neuf Isthmiques. Le site d'Olympie est quant à lui essentiellement connu grâce à la Périégèse de la Grèce de Pausanias (iie siècle après J.-C.), écrivain-voyageur qui le décrit dans l'un des deux livres de sa Périégèse consacrés à la région d'Élide.

Néanmoins, ce n'est qu'à partir du xviiie siècle que les trésors d'Olympie commencent à s'insinuer dans les imaginations européennes. Bernard de Montfaucon, moine bénédictin et savant, est le premier à les évoquer, en 1723, dans un courrier adressé à Angelo Maria Quirini, qui vient d'être nommé archevêque de Corfou. Bernard de Montfaucon attire certes l'attention de ce passionné d'Antiquité sur les trésors archéologiques que celui-ci aura à découvrir dans son diocèse ; surtout, il ajoute : « Qu'est-ce que tout cela en comparaison de ce que l'on peut trouver sur la côte de Morée opposée à ces îles ? C'est l'ancienne Élide, où se célébraient les jeux Olympiques, où l'on dressait une infinité de monuments pour les vainqueurs, statues, bas-reliefs, inscriptions. » Puis Johann Joachim Winckelmann plaide en vain, jusqu'à sa mort en 1768, pour la fouille du site d'Olympie : « Je suis assuré qu'il y a à faire en Élide une récolte qui dépassera toutes les espérances et qu'une exploration approfondie de cette région éclairera d'une vive lumière », écrit-il.

Les premières fouilles ont lieu à l'occasion de l'expédition de Morée (1828-1833). Historiens et archéologues accompagnent les militaires français et, en 1829, Abel Blouet dirige durant six semaines les travaux sur le site d'Olympie : le lieu est quadrillé par les chercheurs, qui réussissent à déterminer l'emplacement du temple de Zeus et à Paris une métope de ce temple. Néanmoins, un demi-siècle passe avant qu'archéologues et historiens ne se captivent de nouveau pour Olympie : l'Allemand Ernst Curtius convainc le prince impérial Frédéric de l'intérêt de fouiller le site ; Frédéric persuade son père, l'empereur Guillaume Ier, de financer une expédition. En 1874, le Parlement grec autorise l'Allemagne à engager les dépenses de fouilles. Une équipe conséquente se rend sur place et mène la première campagne scientifique de fouilles à partir de 1875 : trois cents ouvriers travaillent sur le chantier et, six ans plus tard, la plupart des monuments décrits par Pausanias sont mis au jour ; le somptueux temple de Zeus (64,12 mètres de longueur, 27,68 mètres de largeur) est dégagé. La fascination pour Olympie et ses Jeux peut s'emparer de l'Europe... « L'Allemagne a exhumé ce qu'il restait d'Olympie, pourquoi la France ne réussirait-elle pas à en reconstituer les splendeurs ? », écrira Pierre de Coubertin, prêt à entamer son grand-œuvre.

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « JEUX OLYMPIQUES - La renaissance des Jeux », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques-la-renaissance-des-jeux/