JEUX OLYMPIQUESLa notion d'amateurisme

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Le temps du mensonge

Pour le mouvement olympique, l'année 1952 est marquée par deux événements majeurs : pour la première fois, l'U.R.S.S. participe aux Jeux, à Helsinki ; Avery Brundage est élu président du C.I.O. D'une part, l'arrivée de l'U.R.S.S. aux Jeux annonce le début d'une guerre froide sportive avec les États-Unis qui verra l'Est et l'Ouest déployer d'importants moyens, en totale contradiction avec le respect de l'amateurisme, pour tenter d'obtenir le leadership sportif. D'autre part, durant vingt ans, Avery Brundage va régner en despote sur le mouvement olympique en se montrant sourd aux évolutions d'un monde en totale mutation et en s'arc-boutant sur des règlements surannés dans tous les domaines, notamment pour ce qui est de l'amateurisme.

Dans les pays communistes, le professionnalisme sportif est interdit. En principe, la question de l'amateurisme ne se pose donc pas. Néanmoins, le système étatique met tout en œuvre pour que les champions brillent. Ceux-ci ne sont certes pas rémunérés pour participer aux compétitions, ce qui satisfait en apparence le respect de la lettre de la Charte olympique, mais ils peuvent s'entraîner à plein temps, ce qui est contraire à l'esprit de ladite Charte. Le palmarès du tournoi olympique de football est de ce point de vue édifiant : de 1952 à 1980, la médaille d'or est toujours revenue à un pays communiste d'Europe de l'Est. Rien de plus logique, puisque ces nations pouvaient aligner leurs meilleurs éléments (le Hongrois Ferenc Puskas, le Soviétique Lev Yachine, le Polonais Grzegorz Lato – autant de stars qui brillèrent également en Coupe du monde – furent champions olympiques), alors que les autres pays devaient tenter de constituer une équipe avec des joueurs amateurs, c'est-à-dire en se privant de tous leurs meilleurs éléments et même de centaines de joueurs qui évoluaient dans les championnats professionnels. Par ailleurs, pour ce qui est de la « profession » des sportifs de l'Est, les rigides et élitistes Anglais du début du x [...]

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Aviron : Oxford-Cambridge, 1931

Aviron : Oxford-Cambridge, 1931
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Jules Ladoumègue, 1930

Jules Ladoumègue, 1930
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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « JEUX OLYMPIQUES - La notion d'amateurisme », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques-la-notion-d-amateurisme/