JEUX OLYMPIQUESLa notion d'amateurisme

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Aviron : Oxford-Cambridge, 1931

Aviron : Oxford-Cambridge, 1931
Crédits : Keystone-France/ Gamma-Rapho/ Getty Images

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Jules Ladoumègue, 1930

Jules Ladoumègue, 1930
Crédits : D.R.

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La rigidité originelle du C.I.O.

Dès la rénovation olympique, la question de l'amateurisme se trouve au cœur du projet. En effet, lors du congrès fondateur de la Sorbonne, tenu du 16 au 23 juin 1894 et organisé à l'initiative de Pierre de Coubertin par l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques, deux sujets sont à l'ordre du jour : « Amateurisme, professionnalisme et unification des règlements » ; « Rétablissement des jeux Olympiques ». Coubertin se soucie bien plus du second volet du congrès, néanmoins il est confirmé que seuls les « amateurs » seront autorisés à participer aux Jeux. La convocation de ce congrès et son déroulement laissent place à l'ambiguïté concernant la position de Coubertin au sujet de l'amateurisme : en cette fin de xixe siècle, la grande question qui agite le mouvement sportif, notamment en Grande-Bretagne, est celle de l'amateurisme ; aussi, pour assurer le succès de son congrès et la venue en nombre des participants, Coubertin laisse entendre que le premier volet est primordial, le second accessoire. Contrairement à une idée reçue, Coubertin ne fut jamais un chevalier guerroyant contre le sport professionnel, même si sa conception du sport s'appuyait sur la valorisation d'une élite, composée par définition de concurrents amateurs. Il écrit certes à l'issue des Jeux d'Athènes en 1896 que « jamais manifestation plus grandiose n'a eu lieu en faveur de l'amateurisme », mais il s'arc-boute beaucoup moins que les Anglo-Saxons (pour les Anglais, par exemple, « ni ouvriers, ni artisans, ni commerçants ne peuvent être considérés comme des amateurs ») sur une définition stricte du sportif amateur. Pour Coubertin, l'amateurisme constitue avant tout un rempart contre l'argent et le mercantilisme. Avant de céder la présidence du C.I.O., Coubertin est conscient qu'une idée universelle de l'amateurisme est utopique. Il déclare en 1924 : « Personnellement, je crois que depuis vingt ans la formule britannique [concernant l'amateurisme] est périm[...]

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « JEUX OLYMPIQUES - La notion d'amateurisme », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques-la-notion-d-amateurisme/