BENTHAM JEREMY (1748-1832)

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Une relation difficilement reconnue

Ces propositions ont paru scandaleuses – ou superficielles et grossières. Mais Bentham est un esprit subtil et méthodique. Tout d'abord, il a pris soin d'expliquer pourquoi les hommes agissent parfois autrement que ne l'exigerait le calcul du plaisir le plus grand. Le système de critères plaisir-douleur est fondé sur la fonction diacritique des deux signes, positif et négatif, qui le composent. Un tel système peut être affecté de deux modifications essentielles : on peut inverser l'ordre des signes, déclarer mauvais ce qui procure du plaisir, et l'on obtient ainsi les morales ascétiques qui sont le renversement du principe d'utilité, sans toutefois le nier, puisqu'on conserve son fonctionnement diacritique ; on peut aussi – deuxième avatar – refuser la relation nécessaire du positif et du négatif, prétendre définir le positif par quelque autre chose positive, et l'on obtient ainsi le principe de la sympathie qui déclare bonnes des actions pour des raisons positives qui sont autres que ses vraies raisons parce qu'elles sont indépendantes de la considération utilitaire des conséquences de l'action. Renversement et oblitération partielle, tels sont les deux modes de la constitution des fausses idéologies morales. Marx s'en souviendra.

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Pour citer l’article

Pierre TROTIGNON, « BENTHAM JEREMY - (1748-1832) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jeremy-bentham/