EUGENIDES JEFFREY (1960- )

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Un conte cruel

Sa carrière a connu un succès international dès son premier roman Virgin Suicides (1993), adapté au cinéma par Sofia Coppola en 1999. En l’espace d’une année, les cinq filles Lisbon, belles, rieuses ou chuchotantes, disparaissent, emportant avec elles le secret de leur fragilité. Mais les garçons du voisinage continuent d’y penser et de les évoquer, fascinés par leur présence en creux, totalement captifs, à l’image du lecteur. D’une plume poétique et enjouée, Eugenides traque les exacerbations de l’adolescence : ange charnel, démon maniaque ou petite curieuse à la fenêtre, les cinq sœurs n’en finissent pas de nous attirer dans leur enfer si ordinaire. Le quartier palpite de leçons de chant et de petites virées nocturnes, on court de maquillage en sac de couchage, mais, décidées à en finir, les débutantes ferment le bal. Jeffrey Eugenides réinvente le parcours des familles maudites, mêlant morbide et légèreté dans ce conte cruel. Une façon de dire le mal-être d’une Amérique suburbaine, le désarroi d’âmes sensibles et solitaires, l’impossibilité ou le refus d’entrer dans l’âge adulte. Passer à une autre phase de la vie, se glisser dans un autre sexe ou dans une autre histoire, telle apparaît, au fil des métamorphoses fantasmées, la trame d’une œuvre sophistiquée qui se joue des canons sociaux et littéraires.


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Écrit par :

  • : professeure des Universités, présidente de l'Institut franco-américain de Rennes

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Pour citer l’article

Liliane KERJAN, « EUGENIDES JEFFREY (1960- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jeffrey-eugenides/