VIGO JEAN (1905-1934)

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Une vie difficile

La formule, très contestée, qui veut qu'il ait été le Rimbaud du cinéma n'est point pourtant si trompeuse dès lors qu'on sait que Jean Vigo n'a ni dénoncé ni renié l'activité poétique, la mort seule ayant tronqué son élan créateur. Lui aussi, voyant et révolté, pur et intransigeant, agressif et généreux, mettant sa vie dans ses films, n'aura eu besoin que de deux ans pour s'inventer un langage sans pareil et imposer sa vision : réaliste, féerique, insurgée. Mais Vigo a évolué très consciemment de l'anarchisme à la révolution. Chez lui, les « Illuminations » viennent donc, comme il est logique, après « Une saison en enfer ».

Né à Paris, fils du militant anarchiste (puis, à partir de 1912, socialiste) Miguel Almereyda qu'il allait visiter dans ses nombreuses prisons, Vigo est orphelin à douze ans : son père a été trouvé étranglé dans la cellule où l'avait conduit l'affaire du Bonnet rouge (journal qu'il avait fondé en 1913 ; de tendance anarchiste et pacifiste, on l'accusa en août 1917 d'intelligence avec l'ennemi). Commence alors pour « le fils de traître », longtemps inscrit sous un faux nom, une inhumaine vie de pensions et d'internats qui va durer huit ans. Vigo en gardera « un souvenir à la fois touchant et féroce ». Quand, adulte et libre enfin, il ne brûle que de réhabiliter la mémoire de son père et de se consacrer au cinéma, c'est la tuberculose qui l'enferme et le persécute jusqu'à sa mort à Paris. Ses huit dernières années ne sont qu'un long et acharné combat, coupé d'éclaircies, contre la maladie, le manque d'argent, la difficulté de créer.

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Pour citer l’article

Barthélémy AMENGUAL, « VIGO JEAN - (1905-1934) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-vigo/