RUSTIN JEAN (1928-2013)

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Le peintre Jean Rustin est né en 1928 à Montigny-lès-Metz (Moselle). De 1948 à 1952, il se forme à l’École des beaux-arts de Paris. Dans ses premières œuvres, il réalise une peinture abstraite, riche en matière et au chromatisme vif, influencée par les peintres du groupe Cobra et de l’art informel, tels que Jean Fautrier et Jean Dubuffet. Des éléments figuratifs apparaissent à la fin des années 1960.

La rétrospective organisée en 1971 par le critique d’art Pierre Gaudibert au département contemporain, l’A.R.C., du musée d’Art moderne de la Ville de Paris, marque un tournant dans sa carrière. Rompant avec l’abstraction, Jean Rustin se tourne vers une peinture plus figurative, riche d’allusions culturelles ou autobiographique. Peu à peu, cependant, une nouvelle manière va s’imposer. Les corps nus acquièrent des visages. Les chairs sont peintes à larges coups de brosse favorisant les distorsions. Les visages hébétés aux crânes dégarnis sont saisis dans des espaces clos, hors du temps, à l’atmosphère pesante. Dans une palette de couleurs froides où dominent le bleu et le gris, le décor s’appauvrit jusqu’à se réduire à des pièces vides à la lumière crue.

Comme l’explique Marc Le Bot dans Images du corps (1986), « le “voir” de Jean Rustin naît d’un tumulte obscur et despotique, agitant des corps nus qui n’ont pas su parler. Il fait du corps, imaginairement, un vivant-mort ou mort-vivant, il parle d’une apathie sans remède. La jouissance y coïnciderait avec le sentiment de la mort ». De fait, la figure humaine devient le seul sujet d’un univers de l’enfermement sombre et torturé. Rustin dépeint des scènes brutales mêlant des corps féminins et masculins dénudés, provoquant un malaise certain. Des êtres aux visages androgynes et inexpressifs sont représentés dans des positions incongrues, obscènes, ou comme perdus dans l’attente.

Son œuvre fait l’objet de plusieurs expositions, notamment une rétrospective à la Halle Saint-Pierre à Paris (2001), au Frissiras Museum d’Athènes (Grèce, 2004) et au Castello Visconteo de Legnano (Italie, 2007).

Jean Rustin meurt à Paris en 2013.

En 1992, la Fondation Jean-Rustin est créée à Anvers, en Belgique, puis déplacée à Paris en 2007. Deux collectionneurs, Maurice Verbaet et Corinne van Hövell, accroissent la visibilité de l’œuvre de Jean Rustin en proposant au sein de cette fondation un espace d’exposition permanent et un centre de documentation.

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Pour citer l’article

« RUSTIN JEAN - (1928-2013) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-rustin/