LÉAUD JEAN-PIERRE (1944- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Les Quatre Cents Coups, F. Truffaut

Les Quatre Cents Coups, F. Truffaut
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

photographie

«La Chinoise», J.-L. Godard

«La Chinoise», J.-L. Godard
Crédits : UCLA Photo Collection/ Collection privée

photographie


Naissance d’Antoine Doinel

C’est à la suite d’une annonce publiée dans France-Soir que François Truffaut choisit Jean-Pierre Léaud parmi près de quatre cents candidats. Ses quelques minutes de bout d’essai, où il fait montre de la « gouaille » demandée par le réalisateur comme d’une touchante timidité, appartiennent désormais à sa filmographie, au même titre que les quelque soixante-dix films qui suivront Les Quatre Cents Coups. Truffaut trouve en lui « une certaine souffrance par rapport à la famille » qui est aussi la sienne. Mais leurs révoltes sont différentes : « Je préférais camoufler et mentir. Jean-Pierre, au contraire, cherche à froisser, à choquer, et tient à ce qu’on le sache... » Jean-Pierre Léaud est un des rares acteurs à incarner cinq fois au cinéma le même personnage : l’évolution physique, mentale, sociale d’Antoine Doinel suit celle de l’acteur (Antoine et Colette, 1962, sketch de LAmour à vingt ans ; Baisers volés, 1968 ; Domicile conjugal, 1970 ; LAmour en fuite, 1979). Léaud permet ainsi à Truffaut de réaliser un des désirs profonds de la plupart des cinéastes de la nouvelle vague : le retour des personnages d’un film à l’autre, comme Balzac l’avait imaginé de roman en roman dans La Comédie humaine. Dès Les Quatre Cents Coups, le choix de Léaud, sous l’effet de la forte personnalité de l’adolescent, transforme le personnage de Doinel comme le scénario : « Je considère donc qu’Antoine est un personnage imaginaire qui emprunte un peu à nous deux », dira plus tard Truffaut. Il jouera vis-à-vis de Léaud le rôle de père de substitution et de protecteur que le critique André Bazin avait assumé auprès de lui. Pour Truffaut, Léaud sera également le jeune acteur romantique et instable de La Nuit américaine (1973) et Claude Roc, dandy fragile d’une des œuvres les plus raffinées du réalisateur, Les Deux Anglaises et le continent (1971).

Les Quatre Cents Coups, F. Truffaut

Les Quatre Cents Coups, F. Truffaut

Photographie

Jean-Pierre Léaud dans Les Quatre Cents Coups (1959), de François Truffaut (1932-1984). La présentation du film à Cannes marque la consécration de la nouvelle vague. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

Afficher

Malgré le label commun de « nouvelle vague », un gouffre sépare le style de Truffaut de celui de Jean-Luc Godard, surtout en matière de direction d’acteur. Ce gouffre est pourta [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

Classification


Autres références

«  LÉAUD JEAN-PIERRE (1944- )  » est également traité dans :

GODARD JEAN-LUC - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 1 412 mots

3 décembre 1930 Naissance de Jean-Luc Godard à Paris, d'une riche famille bourgeoise et protestante suisse. Il est élevé par sa mère au milieu des livres, et dans la religion protestante. 1948 Après des études dans un collège à Nyons en Suisse, puis au lycée Buffon à Paris, il passe son baccalauréat à Grenoble, et renonce à faire « maths-sup  […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/godard-reperes-chronologiques/#i_87192

LA MAMAN ET LA PUTAIN, film de Jean Eustache

  • Écrit par 
  • Michel MARIE
  •  • 1 042 mots

Dans le chapitre « Un regard authentique »  : […] Le film est une longue confession autobiographique. Eustache radicalise le scénario vaudevillesque du ménage à trois, à la Jules et Jim , avec l'homme, sa compagne régulière (la Maman) et la jeune maîtresse (la Putain). Tout le film est construit sur des conversations, des dialogues ou des monologues, cadrés en longs plans-séquences et en champ contre-champ. Eustache réalise […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-maman-et-la-putain/#i_87192

LES QUATRE CENTS COUPS, film de François Truffaut

  • Écrit par 
  • Michel MARIE
  •  • 945 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un film juste, pittoresque et fluide »  : […] Les Quatre Cents Coups est d'abord un film sur l'adolescence. On a beaucoup discuté de son caractère autobiographique. François Truffaut a puisé dans ses souvenirs d'enfance pour décrire les difficultés de comportement de son jeune héros, rejeté à la fois par un professeur particulièrement odieux et par des parents qu'il encombre. Mais son film se déroule dans le Paris de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-quatre-cents-coups/#i_87192

TRUFFAUT FRANÇOIS (1932-1984)

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 2 159 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « « La vie, c’était l’écran » »  : […] François Truffaut est né le 6 février 1932, à Paris, de père inconnu. Sa mère, Janine de Montferrand, secrétaire-dactylo à l’ Illustration , doit accoucher en secret. Roland Truffaut, architecte-dessinateur, épouse Janine et donne son nom à l’enfant. D’abord élevé par ses grands-parents, François se retrouve à dix ans à Paris, entre une mère qui ne lui demande que de se fair […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-truffaut/#i_87192

Pour citer l’article

Joël MAGNY, « LÉAUD JEAN-PIERRE (1944- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-pierre-leaud/