JEAN PAUL, JOHANN PAUL FRIEDRICH RICHTER dit (1763-1825)

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Un génie de la digression

Johann Paul Friedrich Richter (qui signera plus tard Jean Paul, sans doute en mémoire de Jean-Jacques) naît et grandit dans des bourgades du nord-est de la Bavière, en Franconie, où son père, luthérien rigoureux, tient d'humbles emplois de maître d'école, d'organiste, de pasteur. Le romancier commémorera souvent ce cadre et ce milieu, quitte à l'idéaliser, et l'enfant restera terriblement marqué par une éducation réprimant tout désir, et par des enseignements qui ne faisaient guère appel qu'à la mémoire. De là datent aussi bien l'habitude de prendre sur tous les sujets des milliers de notes que le goût de se réfugier dans des mondes rêvés : la musique, la littérature, le rêve lui-même. Friedrich Richter a juste seize ans et vient d'entrer au gymnase de Hof, pour s'y préparer tout normalement à des études de théologie, quand, en 1779, son père meurt. À la pauvreté succède alors la misère, mais aussi bientôt la liberté de s'écarter de la voie tracée vers le pastorat. Aîné de cinq enfants, il bénéficie d'une bourse pour se préparer à cette carrière à Leipzig (1781), mais il s'y dégoûte et s'y détourne vite de la théologie comme de l'université.

« Esquisses satiriques », tel est le sous-titre du premier ouvrage, publié anonymement en 1783 : Procès groenlandais. Aucun fil narratif ne relie entre elles ces pochades où déjà, néanmoins, se manifeste la verve cocasse et digressive des œuvres ultérieures. Les suivantes ne trouvent pas d'éditeur, et l'étudiant raté qui rentre en Franconie (pour échapper à ses créanciers) à l'automne de 1784 est accablé de surcroît par la mort de deux amis proches et par le suicide d'un frère cadet. Jean Paul élargit sa culture philosophique avec la lecture de Hamann, Herder, Jacobi, Kant, et il touche du doigt la condition misérable des populations rurales. Ce sont toutes ces expériences (mais aussi la vision hallucinatoire que Jean Paul a le 15 novembre 1790 de sa propre mort !) qui se reflètent, inversées pour une part et idéalisées, dans une « espèce d'idylle » intitulée Vie du joyeux petit maître d'école Maria Wuz [...]


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Pour citer l’article

Bernard LORTHOLARY, « JEAN PAUL, JOHANN PAUL FRIEDRICH RICHTER dit (1763-1825) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-paul-richter/