FOUQUET JEAN (1420 env.-av. 1481)

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Portrait de Charles VII, J. Fouquet

Portrait de Charles VII, J. Fouquet
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Pietà de Nouans, J. Fouquet

Pietà de Nouans, J. Fouquet
Crédits : G. Dagli Orti/ De Agostini

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Statuts de l'ordre de Saint-Michel, J. Fouquet

Statuts de l'ordre de Saint-Michel, J. Fouquet
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Le retour au réalisme

Le rayonnement du style international, art stylisé, idéaliste, suscita une réaction dès le début du xve siècle. Les commanditaires, la cour et les hauts dignitaires ecclésiastiques furent de plus en plus sensibles à une nouvelle esthétique de la figure humaine, où la réalité, ou plutôt la reconstruction de la réalité, jouait un rôle prépondérant. Un texte de la fin du xve siècle explique très clairement l'aboutissement de ces tendances. Pour « une portraiture en cuivre de fonte » de Louis XI, on exige qu'elle « approche de la personne du roy le plus qu'on pourra ». Or, ce problème du vérisme exigeant a été résolu d'une manière révolutionnaire par Fouquet dans ses œuvres de jeunesse, tel le portrait de Charles VII (et probablement aussi le portrait d'Eugène IV, perdu malheureusement) ; ces œuvres mettent en évidence ce qui sépare Fouquet des maîtres flamands. Il ne se sert pas de moyens psychologiques, à la manière de Roger Van der Weyden, car les difficultés du réalisme pathétique lui étaient bien connues. L'union du modelé et du coloris raffiné est subordonnée à la conception des formes. Tous les détails doivent s'ajuster à l'ensemble préconçu : le peintre les complète a posteriori comme l'ont révélé les radiographies ; sa méthode est par là diamétralement opposée à celle de Van Eyck. Cette géométrie de composition apparaît au début tâtonnante, empirique. Ce qui est particulièrement frappant dans le portrait de Charles VII (Louvre), c'est qu'il traduit l'expression d'une énergie émoussée. Le traitement du fond et le modelé attirent l'attention vers le haut de la toile, vers les ondulations de la surface ; les rideaux « encerclent » le corps et lui restituent une résistance interne de volume qui contraste avec le relâchement du visage. Les formes intégrées dans l'ensemble sont plus simples, l'importance structurale du tracé ressort nettement. Les rideaux rendent sensible la séparation entre image et spectateur, ils limitent l'espace interne et s'écartent, presque avec réticence, de ce personnage connu pour ses angoisses maladives et sa méfianc [...]

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Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur honoraire d'histoire de l'art, universités de Montréal et de Tours

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Pour citer l’article

Claude SCHAEFER, « FOUQUET JEAN (1420 env.-av. 1481) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-fouquet/