FAUTRIER JEAN (1898-1964)

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La matérialité de la peinture

Jean Fautrier est né à Paris le 16 mai 1898 ; enfant illégitime, il est élevé par sa grand-mère. En 1908, il rejoint sa mère à Londres, puis entre, à treize ans, à la Royal Academy pour y étudier la peinture, fréquente ensuite la Slade School of Fine Art, et découvre à la Tate Gallery l'art de Turner. Après la Première Guerre mondiale, le jeune artiste se fixe à Paris et y rencontre Jeanne Castel, qui l'aide à exposer ses premières toiles en 1923, année où il produit ses premières gravures. Sa première exposition personnelle se tient à la galerie Visconti en 1924, puis, l'année suivante à la galerie Fabre. Il rencontre le marchand Léopold Zborowski, qui présente ses œuvres aux côtés de celles d'Amedeo Modigliani, de Moïse Kisling et de Chaïm Soutine. Le succès critique et commercial qu'il connaît dès 1926 ne perturbe nullement sa recherche d'un espace pictural qui ne devrait rien aux cubistes, ni aux impressionnistes. Sa production de nus, de portraits (Tyroliennes en habits du dimanche ou Promenade du dimanche, 1921-1922, musée d'Art moderne de la Ville de Paris et Portrait de ma concierge, 1922, musée des Beaux-Arts de Tourcoing) et de natures mortes, dans la première moitié des années 1920, allie une rare maturité technique à un réalisme marqué par l'exemple de Cézanne et Derain.

Enclin à l'isolement, Fautrier séjournera au Tyrol (1921), en Corse (1923), en Bretagne, dans les Causses (1925), à Port-Cros (1928) et, plus fréquemment encore, dans les Alpes, d'où il rapportera une série de paysages de glaciers et de lacs (1926-1927), dans lesquels reliefs et miroitements deviennent prétexte à des jeux d'assemblages graphiques et à des empâtements presque sculpturaux. Suivront, également remarquables, les représentations de dépouilles animales de la période dite « noire », dont fait partie le célèbre Sanglier écorché de 1927 (Musée national d'art moderne - Centre Georges-Pompidou, Paris), à propos duquel on évoqua Soutine. L'examen minutieux de la matière s'y traduit par une approche presque m [...]


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Écrit par :

  • : docteur en histoire de l'art à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Pour citer l’article

Catherine VASSEUR, « FAUTRIER JEAN - (1898-1964) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-fautrier/