CASTEX JEAN (1965- )

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L’énarque des territoires

Un homme simple, proche du terrain, fils et petit-fils d’instituteurs. Ainsi aime à se présenter Jean Castex après sa nomination, le 3 juillet 2020, au poste de Premier ministre. Dans son discours de politique générale, il célèbre « la France du bon sens », « la France qui ne dit rien mais n’en pense pas moins » et vante les vertus du dialogue avec « les territoires », mot qu’il prononce à vingt-deux reprises lors de son intervention. En effet, les « territoires », il en vient, on l’entend d’ailleurs à son accent du sud-ouest. Né en 1965 à Vic-Fezensac (Gers), Jean Castex est depuis 2008 maire Les Républicains (LR) de Prades, une commune de 6 000 habitants située dans les Pyrénées-Orientales où, en mars 2020, il a été réélu au premier tour avec le score enviable de 75 p. 100 des voix.

La vérité du personnage est cependant plus complexe. Si sa mère fut effectivement institutrice, Jean Castex est aussi le petit-fils d’un ancien sénateur du Gers, Marc Castex. Le Premier ministre d’Emmanuel Macron insiste moins sur son passage par l’ENA (promotion Victor Hugo), puis sur sa carrière de fonctionnaire à la Cour des comptes, à la préfecture du Vaucluse, à la Chambre régionale des comptes d’Alsace, et enfin, en 2005, à la direction des hôpitaux. Il ne s’appesantit pas non plus sur ses différents postes dans des cabinets de la droite – ceux de Xavier Bertrand au ministère de la Santé en 2006, puis au ministère du Travail en 2007 –, et à l’Élysée comme conseiller social (2010-2011) puis secrétaire général adjoint à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy (2011-2012).

Il est vrai que Jean Castex est d’abord nommé Premier ministre pour ses capacités – reconnues – de négociateur et pour son ancrage local. Il est là notamment pour renouer le fil tant avec les élus locaux qu’avec les syndicats, tous ces corps intermédiaires dont le jeune président Emmanuel Macron a peu tenu compte au début de son mandat. Certains le présentent comme « le miroir inversé du président », chargé de donner du pouvoir une image moins technocratique et plus populaire. D’autres y voient une sorte d’« anti-Édouard Philippe » – même si les deux Premiers ministres successifs viennent de la droite. Jean Castex se présente d’emblée comme « un gaulliste social ».

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FRANCE - L'année politique 2020

  • Écrit par 
  • Nicolas TENZER
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Dans le chapitre « Le gouvernement face à l’opinion »  : […] Après le second tour des élections municipales (28 juin), le président de la République remplace le Premier ministre Édouard Philippe par Jean Castex. Magistrat à la Cour des comptes, maire de Prades (Pyrénées-Orientales), chargé de l’organisation du premier déconfinement, haut fonctionnaire, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, Jean Castex est inconnu du grand public. Le nouveau g […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Bruno DIVE, « CASTEX JEAN (1965- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-castex/