BABILÉE JEAN (1923-2014)

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Un danseur de légende

Jean Babilée, de son vrai nom Jean Gutman, est né le 3 février 1923 à Paris. Il prendra le nom de sa mère, Germaine Babilée, pendant la Seconde Guerre mondiale et l’officialisera en 2000 lorsqu’il épousera sa compagne Zapo rencontrée en 1981. Il entre en 1935 à l’école de danse de l’Opéra de Paris, après avoir vu, au Théâtre des Champs-Élysées, Les Sylphides, interprété par les Ballets russes de Monte-Carlo. Il est alors formé par Gustave Ricaux à l’Opéra de Paris, puis par Victor Gsovsky, Alexandre Volinine, ainsi que par Boris Kniaseff, avec lequel il entretient des rapports plutôt houleux.

Lorsque la guerre éclate, il quitte Paris, en compagnie de Roland Petit, et entre au Ballet de Cannes, dirigé par Marika Besobrasova. En 1942, la zone libre est occupée, le Ballet est dissous. Babilée remonte à Paris et passe une audition à l’Opéra. Serge Lifar l’engage. Il vit alors chez le père de Roland Petit. Mais en 1944, après avoir lu le mot « juif » écrit sur le miroir de sa loge, il rejoint le maquis en Touraine, entre dans la Résistance et participe à des opérations de commandos.

De retour à Paris en 1945, Jean Babilée, alors âgé de vingt-deux ans, reprend la danse. Il intègre les Ballets des Champs-Élysées, compagnie nouvellement fondée par Roland Petit, et crée presque immédiatement Jeu de cartes, sur une chorégraphie de Jeanine Charrat, puis, l’année suivante, Le Jeune Homme et la Mort, qu’il interprète avec Nathalie Philippart, qu’il épousera et dont il aura une fille. Ce ballet fait de lui un danseur de légende, jamais égalé dans ce rôle qu’il interprétera plus de deux cents fois entre 1946 et 1968.

Jean Babilée retourne en 1952 à l’Opéra, où il est rapidement nommé danseur étoile. Il le quitte l’année suivante pour mener ses propres aventures. Il se lance alors dans une carrière internationale qui passe notamment par la Scala de Milan. C’est là qu’il rencontre Luchino Visconti et Léonide Massine qui imaginent pour lui le ballet Mario e il Mago (1956), d’après le roman de Thomas Mann. À cette époque, il décide de ne plus se maquiller sur scène, rompant totalement avec son époque sur ce point (ce ne sera qu’avec la danse contemporaine que les danseurs ne se maquilleront plus). Il fonde sa propre troupe, Les Ballets Babilée, en 1956, et crée, la même année, Le Caméléopard et Sable.

Jean Babilée découvre aussi le cinéma, tournant sous la direction de Georges Franju (Pleins Feux sur l’assassin, 1961) ou Jacques Rivette (Duelle, 1976). Mais c'est au théâtre qu’il vit ses plus intenses expériences, avec des partenaires à sa hauteur : Arletty dans La Descente d'Orphée, pièce écrite par Tennessee Williams (1959) et mise en scène par Raymond Rouleau ; Roger Blin dans Le Balcon de Jean Genet, monté par Peter Brook en 1960 ; Maria Casarès dans La Reine verte (1963), un spectacle de Maurice Béjart alliant danse et théâtre.

Après différentes apparitions sur des scènes françaises, il danse avec le Ballet-Théâtre contemporain, installé à la maison de la culture d'Amiens (1968-1970). Là, il crée Hai-Kaï sur une musique de Webern et, en 1971, L'Histoire du soldat (de Stravinski). En 1972 et 1973, il dirige le Ballet du Rhin alors installé à Strasbourg.

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Agnès IZRINE, « BABILÉE JEAN - (1923-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-babilee/