MORRICE JAMES WILSON (1865-1924)

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L'art de James Wilson Morrice, peintre canadien, appartient aux deux siècles qu'il a traversés. Profondément marqué par l'impressionnisme, dont il adopte au début de sa carrière certains principes, il est peu sensible à l'œuvre de Cézanne et au cubisme, mais il subit l'influence des fauves et de Matisse, dont il adapte les idées à sa propre personnalité. Comme beaucoup d'artistes de l'Amérique du Nord, qui jugeaient indispensable de faire carrière en Europe, Morrice arrive à Paris en 1890 et y restera jusqu'à sa mort, malgré de fréquents séjours dans son pays d'origine. Grand admirateur de Whistler, lié au peintre anglais Sickert, il fait l'apprentissage de la peinture dans l'atelier de Harpignies et s'oriente vers le paysage. Travaillant sur le motif, il est le chroniqueur mélancolique de son temps et atteint à une manière intimiste et colorée qui le situe à mi-chemin de Vuillard et de Marquet et lui permet d'évoquer un spectacle de rue ou un paysage en quelques notations simples et justes (L'Omnibus à chevaux, 1900-1905, Galerie nationale du Canada, Ottawa, Quai des Grands-Augustins, 1908, musée des Beaux-Arts, Montréal). Très lié aux milieux littéraires, il sera le poète alcoolique et fin-de-siècle d'un roman de son ami Somerset Maugham, Servitude humaine (Of Human Bondage, 1915).

Vers la fin de sa vie, au cours de ses nombreux voyages, en Afrique du Nord où il suit Matisse, et aux Antilles, il découvre une lumière nouvelle qui l'aide à prendre conscience des possibilités rythmiques d'une composition simplifiée à l'extrême qui réduit l'espace pictural à une succession de plans, ainsi que des moyens d'expression offerts par l'utilisation de la couleur pure, (Village de la Jamaïque, 1920-1921, musée des Beaux-Arts Montréal, Paysage à Trinidad, 1921, Art Gallery of Ontario). Et bien qu'il n'ait été ni un novateur ni un théoricien, c'est dans la mesure où il a libéré l'expression picturale d'un certain académisme, et dans l'emploi audacieux qu'il fait de la couleur, que Morrice occupe une place importante dans l'évolution de la peinture canadienne, ouvrant ainsi la voie de l'art moderne à la génération d'artistes qui l'ont suivi.

—  Maïten BOUISSET

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Dans le chapitre « Peinture »  : […] Depuis la fin du xix e  siècle, la peinture a pris au Canada le pas sur les autres arts. C'est elle qui franchit, la première, le seuil de la modernité à l'aube du xx e  siècle. Maurice Cullen fréquente Pont-Aven et Giverny, et James Wilson Morrice fait la connaissance de Whistler et de Matisse. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/canada-arts-et-culture/#i_11040

Pour citer l’article

Maïten BOUISSET, « MORRICE JAMES WILSON - (1865-1924) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/james-wilson-morrice/