ENSOR JAMES (1860-1949)

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Ensor et son temps

James Sydney Ensor est né à Ostende d'une mère flamande et d'un père anglais qui, grand bourgeois cultivé, finit par devenir un raté. Sa famille tint longtemps une boutique de coquillages, d'objets exotiques et de souvenirs, qu'Ensor conserva plus tard en tant que décor insolite et chargé de sens. Il vécut « rivé à la mer », subjugué par sa lumière changeante. Ses débuts furent brillants mais très discutés. Dès 1881, il expose à Bruxelles qui devenait alors un centre artistique et littéraire très ouvert aux apports nouveaux. En 1884, il compte parmi les fondateurs du «  groupe des XX », cercle d'avant-garde qui allait exposer Seurat, Gauguin, Van Gogh et Cézanne. À maintes reprises, les œuvres d'Ensor font l'objet d'attaques violentes. Cette même élite intellectuelle, qui prône l'audace et la liberté, condamne le mélange de bouffonnerie et de cauchemar qui caractérise le génie d'Ensor, mélange dont il n'existe d'équivalent que chez Goya. L'influence des néo-impressionnistes français sur la peinture belge le rejette dans l'isolement pendant plusieurs années. Ensor se révèle alors anxieux, irascible, agressif. Cependant Verhaeren et Edmond Picard, le poète Grégoire Le Roy, l'écrivain Eugène Demolder le défendent avec lucidité, et, en 1899, un numéro spécial de la revue française La Plume lui est consacré. Des visiteurs étrangers trouvent le chemin de sa maison. Après la Première Guerre mondiale, des mécènes anversois mènent campagne en sa faveur et créent une salle Ensor au musée d'Anvers, qui possède aujourd'hui plus d'une quarantaine de ses peintures. Le succès vient lentement et puis, brusquement, c'est la gloire. En 1929, Ensor est élevé à la baronnie. Vieillard choyé, « doré sur tranche », goguenard, il dissimule, sous les feux d'artifice de ses discours, les lézardes de son génie. L'une de ses phrases à l'emporte-pièce est souvent citée : « Les suffisances matamoresques appellent la finale crevaison grenouillère. »


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Francine-Claire LEGRAND, « ENSOR JAMES - (1860-1949) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/james-ensor/