JAMES BOND

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Comment créer un mythe

Les deux forces de James Bond sont la vitalité et l'humour. Sur l'ensemble des films, ceux qu'on préfère oublier sont ceux qui négligent l'un des deux aspects. Le très « spectaculaire » Quantum of Solace (2008) péchait par sa prétention à subjuguer le spectateur et par un montage insupportablement haché, comme si le nombre de plans et leur défilement saccadé pouvait être le seul critère de la réussite d'un film d'action. L'erreur du réalisateur Marc Forster fut de croire que la contrainte et la violence suffisaient pour retenir l'attention. Cet échec met en valeur la mémoire vivante des autres films, souvenirs de rire et d'enthousiasme sympathique. Bond est grand quand il renverse l'équilibre des puissances, par exemple entre lui-même et le géant à la mâchoire puissante interprété par Richard Kiel, le Jaws de L'espion qui m'aimait (1977) et de Moonraker (1979). De même, toujours dans L'espion qui m'aimait, au moment de noyer 007, on voit le cercueil que va devenir sa Lotus Esprit se transformer en sous-marin. La force d'une telle scène est exactement celle des gags du cinéma burlesque : surprise, poésie et résolution des contradictions.

James Bond nous fascine quand il se prend pour Fantômas, Arsène Lupin ou Till l'Espiègle, chaque fois que sa force défie la vraisemblance et la physique. Il s'agit de vaincre les monstres par un éclat de rire. Mais il faut être musclé, quand même, et tirer juste. L'humour ne suffit pas non plus. Que serait le plus magnifique des clowns, s'il ne montait d'un seul élan au sommet des piquets du chapiteau ? Si le saut périlleux lui était inaccessible, si la plus belle des écuyères résistait à sa séduction ? Il faut cela aussi, l'acuité du regard, l'instantanéité du geste, l'infaillibilité dans le cadrage de l'ennemi et la projection foudroyante sur la cible choisie.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  JAMES BOND  » est également traité dans :

JAMES BOND 007 CONTRE DOCTEUR NO, film de Terence Young

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 1 185 mots

La période dite « de la guerre froide » a vu une évolution des thèmes des romans policiers et d'espionnage où des agents secrets parcourent le monde et luttent contre le communisme pour la conquête de l'espace et la suprématie atomique. Si ces romans (notamment, en France, ceux de Jean Bruce mettant en scène OSS 117) ont suscité diverses adaptations vite oubliées, aucune n'a rencontré un succès au […] Lire la suite

BOYD WILLIAM (1952- )

  • Écrit par 
  • François GALLIX
  •  • 941 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un réaliste postmoderne »  : […] Au fil des ans, l'écriture de Boyd a subi une évolution importante en s'enrichissant de techniques nouvelles, en se complexifiant et en abordant des thèmes essentiels comme celui de l'impossibilité de retranscrire la vérité, le rôle du hasard et de la contingence, tout en conservant le ton humoristique qui le caractérise depuis le début. Sans abandonner le réalisme, l’écrivain emprunte également a […] Lire la suite

Pour citer l’article

René MARX, « JAMES BOND », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/james-bond/