VILLON JACQUES (1875-1963)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les Duchamp et l'avant-garde des années 1900

Venu de sa Normandie natale s'installer à Paris en 1894, Gaston Duchamp, qui prit alors, en hommage au poète, le pseudonyme de Villon, put s'adonner à l'art avec son frère, Raymond, d'un an plus jeune, qui interrompit sa médecine pour se faire sculpteur : leur père, notaire, versait aux deux frères une pension qui leur permit de travailler sans but lucratif. D'autre part, Villon tirait quelques revenus des dessins d'humour qu'il plaçait, comme beaucoup de ses camarades, dans les revues illustrées de l'époque. Ces premiers dessins, quoique reniés par l'artiste, ne sont pas sans importance. Ils dénotent déjà la sûreté du dessinateur à croquer simplement une scène savamment composée et ont pu contribuer à perfectionner ce style soucieux de l'effet agréable dont le mouvement ne compromet jamais l'équilibre, qui sera propre aux toiles très élaborées de Villon. De même, dans les très nombreuses pointes-sèches qu'il exécuta à cette époque pour le marchand Sagot, et qui abondent dans le sens décoratif des estampes à la mode de Tissot ou de Helleu, on trouve ce goût traditionnel de l'harmonie des lignes et des essais de couleurs ne visant, selon l'expression qu'emploiera Kandinsky, qu'à « la pure joie sensorielle ». Ces éléments seront essentiels dans l'art de Villon et le maintiendront toujours dans une certaine tradition classique.

Bien qu'il ait participé avec son frère, à partir de 1904, aux premiers Salons d'automne, il ne semble pas que le fauvisme l'ait beaucoup retenu, peut-être précisément par l'outrance des couleurs et le désordre apparent des compositions, principes opposés à ceux qu'il recherche. Se sentant au contraire plus proche des soucis mathématiques des néo-impressionnistes et des constructions géométriques de Seurat, il trouva dans le cubisme un moyen de développer sa propre expression.


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages


Écrit par :

  • : directeur de la bibliothèque publique d'information, Centre Georges-Pompidou

Classification


Autres références

«  VILLON JACQUES (1875-1963)  » est également traité dans :

POINTE-SÈCHE

  • Écrit par 
  • Michel MELOT
  •  • 608 mots

Outil dont se servent les artistes pour graver une plaque de métal ; par extension, le terme désigne le procédé qui découle de l'utilisation de la pointe ou même l'épreuve imprimée qui en résulte. Les premiers graveurs en taille douce utilisaient un burin, qui demeura l'instrument de prédilection de la gravure classique et académique. Le burin creuse le métal plus ou moins profondément en enlevant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pointe-seche/#i_43101

VITRAIL

  • Écrit par 
  • Catherine BRISAC, 
  • Louis GRODECKI
  •  • 5 925 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les XIXe et XXe siècles »  : […] Vers le milieu du xviii e  siècle apparaissent les premiers collectionneurs de vitraux anciens, en Angleterre tout d'abord (Horace Walpole). L'intérêt pour cet art se réveille, comme en témoigne le livre de Pierre Le Vieil (1774). Après la Révolution et les guerres qui ont provoqué de très nombreuses destructions, des tentatives sont faites en France (manufacture de Sèvres), en Angleterre et en Au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vitrail/#i_43101

Pour citer l’article

Michel MELOT, « VILLON JACQUES - (1875-1963) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-villon/