CALLOT JACQUES (1592-1635)

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Les années d'apprentissage

Callot est né à Nancy en 1592, de Jean Callot, héraut d'armes du duc de Lorraine Charles III. Ses biographes (Félibien, Baldinucci) rappellent volontiers sa naissance noble, ou plutôt dans une famille d'anoblis, et insistent sur sa précoce vocation pour le dessin. Le jeune talent de Callot se développa dans un milieu très ouvert à l'activité artistique, familier des rituels aristocratiques et d'une vision théâtrale de l'existence ; sa première formation reçut sans doute une forte empreinte du cadre stimulant de la petite capitale d'un État indépendant, qui participait alors pleinement à la civilisation de l'Europe des cours.

Attiré par l'Italie, comme tant d'autres artistes de cette époque, Callot se serait enfui de la maison paternelle à deux reprises. Aucun document ne confirme ces tentatives de fugue rapportées par Félibien, mais elles n'ont rien d'invraisemblable. Quoi qu'il en soit, Callot commença le 13 janvier 1607 un apprentissage chez l'orfèvre nancéien Demange Crocq. La même année, sans doute aidé de son maître, il signa sa première gravure au burin, le Portrait de Charles III. On ignore s'il eut l'occasion de participer à la grande entreprise éditoriale de la Pompe funèbre de Charles III (1609-1611), expérience capitale qui lui aurait permis de s'initier à l'eau-forte auprès du Strasbourgeois Frédéric Brentel. Sandrart assure qu'il reçut l'enseignement de Jacques Bellange. L'influence du grand peintre et graveur maniériste est en effet sensible dans l'écriture nerveuse et hardie des croquis et des gravures exécutés par Callot vers 1616-1617.

Interrompant peut-être son apprentissage, il gagna Rome entre 1608 et 1611. Il entra alors dans l'atelier de Philippe Thomassin, graveur, éditeur et marchand d'estampes très actif. Durant ce séjour encore mal connu, il se familiarise avec la technique du burin et, grâce au vaste « supermarché de l'estampe » qu'offrait la capitale de la chrétienté, entre en contact av [...]


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Pour citer l’article

Paulette CHONÉ, « CALLOT JACQUES - (1592-1635) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-callot/