POLLOCK JACKSON (1912-1956)

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Formation

Né dans l'Ouest américain – il en garda toute sa vie une nostalgie pour les grands espaces et un intérêt très vif pour l'art des Indiens –, Pollock fut initié à la peinture dès son adolescence par son frère Charles. En 1930, il rejoint celui-ci à New York pour y étudier avec Thomas Hart Benton, le chef de file de l'école régionaliste, qui s'oppose aux médiocres tentatives des peintres américains pour imiter l'avant-garde européenne et inculque à ses élèves un fort respect pour la Renaissance italienne. Cet enseignement n'est pas seulement « quelque chose contre quoi réagir violemment plus tard », comme aimera à le dire Pollock : il en retient un mode d'organisation contrapuntique de la surface picturale autour de pôles sous-jacents, dont il fera grand usage. C'est aussi grâce à Benton qu'il prend contact avec les muralistes mexicains, alors très actifs aux États-Unis : en 1936, il entre dans l'« atelier expérimental » de Siqueiros, où il s'initie aux techniques nouvelles utilisées pour la production de fresques ou de bannières politiques (peinture à la bombe, pigments synthétiques). Simultanément, il participe de 1935 à 1943 au Works Progress Administration, vaste programme de soutien financier aux artistes mis en œuvre par Roosevelt ; c'est de cette période que datent son intérêt pour la peinture murale et ses premières réflexions sur la nécessité d'abandonner la peinture de chevalet. À travers des revues comme Cahiers d'art, il découvre l'art de Picasso et de Miró (« les deux artistes que j'admire le plus ») et les théories des surréalistes, qui allaient bientôt débarquer à New York. Des premiers, il goûte surtout l'invention graphique (contours à double sens de Picasso, liberté « biomorphique » de Miró) ; des seconds, les notions d'automatisme et d'inconscient. Mais cette période de formation n'est pas qu'enthousiaste : pris entre les feux croisés de ses admirations contradictoires, le jeune artiste connaît une crise au cours de laquelle il sombre dans l'alco [...]


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Pour citer l’article

Yve-Alain BOIS, « POLLOCK JACKSON - (1912-1956) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jackson-pollock/