GOODY JACK (1919-2015)

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Au plus près des faits

Jack Goody tient particulièrement à ce statut d'anthropologue de terrain, brocardant au passage ceux qui restent à l'écart des sociétés qu'ils étudient. Selon la tradition disciplinaire, il s'attache à une population du nord du Ghana, les LoDagaa, avec lesquels il vit de 1949 à 1951. Observateur méticuleux et intégré, il mène un travail ethnographique sur le système de parenté. La comparaison des récitations du Bagré, le mythe fondateur des LoDagaa qu'il avait enregistré à intervalles réguliers auprès de différents conteurs, appelle son attention sur la variation des versions d'un grand mythe. Il y trouve matière à réviser les lectures tant fonctionnalistes que structuralistes de l'anthropologie puisque, contrairement à l'idée d'un rapport déterminé entre les mythes et les structures sociales, les premiers peuvent différer dans des sociétés proches et varier dans le temps au sein de la même société. Goody apporte un démenti à ces paradigmes dominants de l'étude des sociétés segmentaires en démontrant combien elles sont, elles aussi, affectées par l'histoire : elles changent à la fois par leur développement propre et par leurs contacts avec l'extérieur. La société des LoDagaa est ainsi marquée et transformée par l'islam, les échanges esclavagistes et la colonisation, et elle garde en mémoire, dans ses mythes, ses tabous ou son habitat, des événements plus anciens encore.

En 1956, Jack Goody commence sa longue carrière à l'université de Cambridge. Tout en revenant régulièrement vers ses sociétés africaines d'élection, le professeur s'est tourné vers un comparatisme planétaire dont l'Afrique subsaharienne est souvent le point de départ. Cette orientation s'inscrit dans la lignée de James Frazer dont il a découvert Le Rameau d'or dans un camp allemand. En outre, son ouverture vers d'autres sciences, d'autres espaces et d'autres temps se nourrit aussi des relations amicales entretenues avec les historiens Eric Hobsbawm, Moses Finley et autres collaborateurs de la revu [...]

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LE VOL DE L'HISTOIRE. COMMENT L'EUROPE A IMPOSÉ LE RÉCIT DE SON PASSÉ AU RESTE DU MONDE (J. Goody)

  • Écrit par 
  • Alain GARRIGOU
  •  • 942 mots

Il fallait de l'érudition et de la passion pour se lancer dans l'immense entreprise consistant à soumettre la vision occidentalocentrique de l'histoire du monde au feu de la critique. Jack Goody, anthropologue africaniste, devenu voyageur et comparatiste, ne manque ni de l'une ni de l'autre. Il a d'ailleurs déjà montré, notamment à propos de la famille, à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-vol-de-l-histoire-comment-l-europe-a-impose-le-recit-de-son-passe-au-reste-du-monde-j-goody/#i_91097

RITUEL

  • Écrit par 
  • Nicole SINDZINGRE
  •  • 5 523 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'approche symboliste : le rituel « dit quelque chose » »  : […] V. Turner, par ailleurs, a élaboré une théorie remarquable du symbolisme rituel, à propos de rites relatifs aux accidents de la vie individuelle (maladies, infortunes, stérilité, etc.) qu'il appelle « rites d'affliction ». Il analyse leur signification ( meaning ) et la « syntaxe » de leur symbolisme en y distinguant trois niveaux : la dimension de l'exégèse indigène (pour l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rituel/#i_91097

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Pour citer l’article

Alain GARRIGOU, « GOODY JACK - (1919-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jack-goody/