SVEVO ITALO (1861-1928)

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Bourgeois cossu ou rêveur impénitent ?

Italo Svevo, de son vrai nom Ettore Schmitz, est né à Trieste d'une mère italienne et d'un commerçant juif d'origine rhénane, dans une de ces familles d'irrédentistes farouchement attachés à l'Italie. Le patronyme d'Italo Svevo (c'est-à-dire Souabe), que très tôt il se choisit, révèle assez l'ambiguïté de sa situation : patriote italien de sentiment, Triestin de langue, Allemand de culture (enfant, on l'envoya avec ses frères au collège en Bavière, pour parfaire ses connaissances dans la langue de Goethe, qu'il rejeta d'ailleurs, non sans qu'elle laissât des traces indélébiles sur son œuvre).

Ses parents ruinés, il dut s'employer dans une banque, expérience qu'il transposa dans son premier roman Une vie (Una vita, 1892). Le succès d'estime obtenu par le livre, d'un genre inconnu dans la littérature italienne, qui combine le roman d'analyse à la manière des romantiques à un naturalisme ironique et impitoyable, l'incita à continuer dans cette voie, et cinq ans plus tard il publie Sénilité (Senilità). Mais cet ouvrage, d'une profondeur et d'une cruauté d'analyse insolites voire choquantes pour son époque, tomba dans l'indifférence générale. Son troisième grand roman La Conscience de Zeno (La Coscienza di Zeno), première tentative d'application au roman des théories psychanalytiques (rapports entre père et fils, interprétation des rêves, par exemple), parut, après un silence de vingt-cinq ans, à compte d'auteur.

Entre-temps, Ettore Schmitz s'était établi : marié, père de famille, il a quitté la banque pour l'usine et occupe un poste dirigeant dans l'entreprise de vernis « sous-marins » de ses beaux-parents. Mais cet « homme sans qualités », soucieux d'assurer le confort et la prospérité des siens, récupéré par cette classe bourgeoise qu'il critiquait si âprement encore dans Journal pour une fiancée (Diario per la fidanzata, 1896), assimilé à un milieu où le talent se mesure à l'aune de l'argent, mène une existence parallèle dont témoignent le journal qu'il tient avec constance, les notes qu'il ne cesse de griffonner sur des feuilles [...]


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Écrit par :

  • : ingénieur de recherche en littérature générale et comparée à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle, traductrice

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LA CONSCIENCE DE ZENO, Italo Svevo - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Gilbert BOSETTI
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Après l'insuccès de ses deux premiers romans, Une vie (1892) et Sénilité (1897), ignorés par la critique italienne alors que leur auteur n'est encore à Trieste qu'un sujet de l'Empire austro-hongrois, Italo Svevo (1861-1928) a renoncé à toute ambition littéraire. Toutefois, bien qu'absorbé par la gestion de la riche entreprise de ses beaux-parents, ce graphomane n'a pas cessé d'écrire. Après la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-conscience-de-zeno/#i_38473

Pour citer l’article

Angélique LEVI, « SVEVO ITALO - (1861-1928) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/italo-svevo/