ITALIELa vie politique depuis 1945

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique italienne (IT)
Chef de l'ÉtatSergio Mattarella (depuis le 3 février 2015)
Chef du gouvernementMario Draghi (depuis le 13 février 2021)
CapitaleRome
Langue officielleitalien 2
Note : L'allemand et le français sont également des langues officielles locales, respectivement dans les régions du Trentin-Haut-Adige et du Val d'Aoste

L'Italie de l'alternance

Le succès de Berlusconi en 1994

Le 13 janvier 1994, Ciampi remet sa démission au président de la République qui convoque des élections anticipées pour les 27 et 28 mars. Quelques jours plus tard, Silvio Berlusconi, le patron de la Fininvest, la holding propriétaire notamment de Mediaset qui contrôle trois chaînes de télévision très populaires, d'un grand groupe éditorial et du club de football du Milan AC, annonce depuis sa propriété d'Arcore (Lombardie), dans une allocation télévisée inédite, sa décision de proposer sa candidature. Son entreprise est fortement endettée et lui-même est en butte à d'importants tracas judiciaires. Aussitôt, un parti, Forza Italia, est constitué à partir de sa holding, la Fininvest, en utilisant ses ressources et ses hommes, et une formidable opération de marketing, fondée, entre autres, sur l'utilisation systématique de la télévision et la personnalisation à outrance de la politique, se déploie dans toute la péninsule, révolutionnant la communication publique. Berlusconi, qui se présente comme un homme neuf alors que ses affaires ont prospéré grâce aux protections et à l'aide de son ami socialiste Bettino Craxi, assume une ambivalence qui se révèle payante. Il se veut le chevalier de la modernité, du libéralisme, de l'économie de marché, mais également le défenseur des traditions familiales et religieuses. Il revendique une fierté nationale tout en se proclamant européen. Il dénonce ses ennemis – les communistes, les juges, les journalistes –, mais entend rassembler les Italiens. Il prétend incarner le changement et, dans le même temps, veut assurer le retour à la normale après des années d'incertitude et d'inquiétude. Enfin, il multiplie les promesses, expliquant qu'un entrepreneur expérimenté saura relancer l'économie, fournira du travail et apportera la prospérité. Très habilement, Silvio Berlusconi réussit à passer des accords avec deux formations à priori antagoniques, la Ligue du Nord et Alliance nationale, issue du MSI, qui amorce en ce début d'année 1994 une défascisation confirmée et approfondie au fil du temps : le CCD rejoint cette coalition. Face à ces « Pôles de la liberté et du bon gouvernement », la gauche a constitué une Alliance des progressistes qui rassemble le PDS, Rifondazione comunista, les Verts, des socialistes et quelques petites formations modérées. Pour sa part, le PPI s'est allié avec Mario Segni dans un Pacte pour l'Italie qui veut représenter le centre. Les résultats sont spectaculaires. Les candidats des Pôles l'emportent nettement sur ceux des progressistes et du Pacte pour l'Italie au scrutin uninominal. Il en va de même au décompte proportionnel, où Forza Italia s'impose comme le premier parti du pays, avec 21 % des suffrages, devançant le PDS qui en obtient 20,4 %. L'ensemble des partis du centre droit rassemble plus de 46,4 % des voix, terrassant la gauche (34,4 %) et le centre (15,7 %). Le centre droit obtient la majorité absolue à la Chambre des députés et une majorité relative au Sénat. Une rénovation politique s'est produite : 71 % des députés sont des nouveaux venus, contre 44 % en 1992, un tiers de ces nouveaux élus n'ayant pas d'expérience politique antérieure.

Silvio Berlusconi

Photographie : Silvio Berlusconi

La victoire de Silvio Berlusconi et de son mouvement Forza Italia aux élections législatives de mars 1994 consacre l'échec des partis politiques traditionnels. 

Crédits : Jacques Langevin/ Sygma/ Getty Images

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Silvio Berlusconi devient président du Conseil le 10 mai 1994. Le conflit d'intérêts qui s'instaure entre les affaires privées du chef d'entreprise et les responsabilités publiques du chef de l'exécutif, certaines attitudes populistes qu'il adopte, enfin la présence dans son gouvernement de représentants de la Ligue du Nord et surtout de l'Alliance nationale – dont l'appartenance passée au MSI fait resurgir le spectre du fascisme – suscitent de vives polémiques en Italie comme à l'étranger. Toutefois, Berlusconi et ses amis triomphent de nouveau aux élections européennes du mois de juin, où Forza Italia s'impose comme le premier parti italien avec plus de 30,6 % des suffrages. La nouvelle équipe se met au travail dans un climat intérieur et international tendu. Son manque d'expérience se fait cruellement sentir et ses propositions de loi ou ses décisions s'avèrent assez contradictoires, notamment en matière européenne, ce qui aggrave le trouble des partenaires de l'Italie. La situation économique, financière, monétaire et sociale se dégrade. En plus d'une loi de finances marquée du sceau de l'austérité, le gouvernement s'engage dans une réforme des retraites qui, à l'automne, provoque des grèves importantes et jette dans l [...]

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Portrait de Palmiro Togliatti (1948)

Portrait de Palmiro Togliatti (1948)
Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Giuseppe Saragat, 1964

Giuseppe Saragat, 1964
Crédits : Dufeto/ Hulton Archive/ Getty Images

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Alcide De Gasperi, 1951

Alcide De Gasperi, 1951
Crédits : Picture Post/ Hulton Archive/ Getty Images

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Aldo Moro, 1963

Aldo Moro, 1963
Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Geneviève BIBES, Marc LAZAR, « ITALIE - La vie politique depuis 1945 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-la-vie-politique-depuis-1945/