ITALIELa vie politique depuis 1945

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique italienne (IT)
Chef de l'ÉtatSergio Mattarella (depuis le 3 février 2015)
Chef du gouvernementMario Draghi (depuis le 13 février 2021)
CapitaleRome
Langue officielleitalien 2
Note : L'allemand et le français sont également des langues officielles locales, respectivement dans les régions du Trentin-Haut-Adige et du Val d'Aoste

Les années Craxi (1978-1990)

La forte personnalité du nouveau président du Conseil, le leadership incontesté qu'il exerce sur le Parti socialiste vont lui permettre de dominer la scène italienne jusqu'à la fin des années quatre-vingt. En exploitant au maximum à la fois la crise des deux grands partis, DC et PCI, et la rente de situation dont bénéficie son parti, partenaire nécessaire à la formation de toute majorité, il parvient à réaliser les deux objectifs, d'ailleurs liés, qu'il s'était fixés : se maintenir le plus longtemps possible à la tête du gouvernement et élargir l'audience électorale du socialisme. Le premier l'oppose à la DC, le second au PCI.

Les difficiles rapports PSI-DC

Tant qu'elle est sous le coup de la défaite de 1983, la DC ne peut que subir une situation qui l'exclut, au profit des socialistes, des deux principaux centres de pouvoir, la présidence de la République, occupée depuis 1978 par le très populaire Sandro Pertini, et la présidence du Conseil. Mais l'encouragement apporté par les premiers tests électoraux ravive la prétention du parti le plus fort de la majorité à exercer son droit naturel à la direction du gouvernement.

Certes, aux élections européennes de 1984, la DC ne gagne que 0,1 point par rapport au mauvais score de 1983, et, pour la première fois de son histoire, elle est dépassée par le Parti communiste (33,3 % des voix contre 33 %). Mais le processus de déclin est arrêté. Surtout, la médiocre prestation du PSI (– 0,2 point par rapport à 1983) et la défaite des listes communes républicaines et libérales (– 2,5 points) montrent que l'électorat centriste reste dans sa majorité fidèle à la DC. Les élections locales et régionales de 1985 accentuent la tendance à la reprise. En un an, la DC, qui apparaît toujours comme le meilleur bouclier contre le communisme et bénéficie du soutien explicite de la hiérarchie religieuse (discours du pape à Loreto), gagne deux points (35 % des voix) et retrouve son rang de premier parti italien. Son succès est encore renforcé par le manque de dynamisme de ses partenaires rivaux. Les partis laïques stagnent à leur niveau de 1984, et le PSI ne gagne que 0,6 point par rapport aux précédentes consultations régionales, malgré les deux ans d'exercice très personnalisé du pouvoir par leur leader.

Les conséquences nationales de ces élections sont importantes. En échange de son maintien à la tête du gouvernement, Craxi fait des grandes concessions à la DC. La première est l'élection d'un démocrate-chrétien à la présidence de la République. L'entente préalable des partis de l'« arc constitutionnel » (des communistes aux libéraux) permet le 24 juin 1985, au premier tour de scrutin, l'élection triomphale, avec 76,8 % des voix, de Francesco Cossiga, un éminent constitutionnaliste qui, à cinquante-six ans, devient le plus jeune président de la République italienne. La seconde concession est l'homogénéisation des majorités nationales et locales. Une coalition de gauche ne se maintient que dans deux régions, la Toscane et l'Ombrie, tandis qu'en Émilie-Romagne elle laisse la place à une junte communiste homogène. Les douze autres régions sont désormais gouvernées par des majorités identiques à la majorité nationale. Dans les chefs-lieux, les juntes pentapartistes passent dans le même temps de 37 à 54, celles de gauche de 29 à 19. À Milan, Rome, Turin, Venise et Gênes, le PCI est ainsi exclu après dix ans de gestion commune avec le PSI.

Ces concessions ne suffisent pas cependant à éliminer le conflit permanent qui oppose socialistes et démocrates-chrétiens, et se traduit par des échecs répétés de projets de loi ou des budgets ministériels, à la faveur du vote secret. Une première crise ministérielle, ouverte en juin 1986 par le vote contraire de soixante-quinze parlementaires sur un décret gouvernemental est péniblement résolue quarante jours après. Mais, en mars 1987, De Mita n'hésite pas à retirer les ministres démocrates-chrétiens du gouvernement pour provoquer la chute de Bettino Craxi. Le parti catholique ne veut pas laisser le leader socialiste, dont la popularité augmente dans les sondages proportionnellement à la durée de son gouvernement, gérer la période électorale décisive des années 1987 et 1988. La tenue des référendums sur l'abandon de la filière nucléaire et sur la responsabilité civile des magistrats, prévus pour 1987, risque en effet d'assurer au PSI un tremplin pour gagner les législatives de 1988. Le recours a [...]

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Portrait de Palmiro Togliatti (1948)

Portrait de Palmiro Togliatti (1948)
Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Giuseppe Saragat, 1964

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Alcide De Gasperi, 1951

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Aldo Moro, 1963

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Geneviève BIBES, Marc LAZAR, « ITALIE - La vie politique depuis 1945 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-la-vie-politique-depuis-1945/