ALBÉNIZ ISAAC (1860-1909)

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Une jeunesse vagabonde

Une étonnante précocité marque le destin d'Albéniz, né à Camprodón, en Catalogne, le 29 mai 1860. Mis au piano dès l'âge de deux ans, il donne, deux ans plus tard, un concert à Barcelone. À six ans, il éblouit le jury du Conservatoire de Paris, mais un enfantillage lui en interdit l'entrée : à la fin des épreuves, il sort une balle de sa poche et la lance contre une vitre, qu'il fait voler en éclats ! Une vie d'aventures s'ouvre alors devant lui, d'abord sous la conduite de son père, qui l'exhibe dans toute l'Espagne comme « un nouveau Mozart », puis en solitaire, à la suite d'une série de fugues qui vont le conduire jusqu'en Amérique du Sud. Il n'a alors que douze ans ! Après des concerts en Argentine, au Brésil et en Uruguay, il regagne l'Espagne, mais c'est pour en repartir aussitôt avec sa famille, qui s'installe aux Antilles, et reprendre sa vie d'errant à travers les États-Unis... À quatorze ans, émancipé, livré à lui-même et sans guide spirituel, il part pour Leipzig afin d'y parfaire sa technique pianistique avec Carl Reinecke et Salomon Jadassohn. On le retrouve peu après à Bruxelles, grâce à une bourse d'études offerte par le roi Alphonse XII, puis, en 1880, à Budapest, où il réalise son rêve de rencontrer Liszt. Il accompagne le vieux maître à Rome et à Weimar, apprenant de lui, plus que les derniers secrets de la virtuosité transcendante, la portée universelle qui peut s'attacher à la vérité humaine fondamentale du chant populaire et à son « sentiment vivifiant ».

Ainsi s'éveille en lui un nationalisme d'esprit rapsodique, avec ce que ce mot sous-entend de liberté et de verve fantasque. Il abandonne dès lors le style des petites pièces de salon ou de fantaisie qu'il a déjà écrites et se tourne vers la zarzuela, en s'improvisant imprésario d'une compagnie qui parcourt l'Espagne et dont il alimente le répertoire. C'est alors qu'il rencontre Pedrell.

« Le compositeur, lui dit celui-ci, doit se nourrir de la quintessence du chant populaire, l'assimiler, le rev [...]

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Pour citer l’article

André GAUTHIER, « ALBÉNIZ ISAAC - (1860-1909) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/isaac-albeniz/