IRAK

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique d'Irak (IQ)
Chef de l'ÉtatBarham Salih (depuis le 2 octobre 2018)
Chef du gouvernementMustafa Al-Kadhimi (depuis le 7 mai 2020)
CapitaleBagdad
Langues officiellesarabe, kurde
Unité monétairedinar irakien (IQD)
Population40 644 000 (estim. 2021) 2
Note : Inclut plus d'un million d'Irakiens réfugiés dans les pays voisins
Superficie (km2)435 052

Géographie

Frontalier du Koweït, de l'Arabie Saoudite, de la Jordanie et de la Syrie, d'une part, de la Turquie et de l'Iran, d'autre part, l'Irak constitue la charnière du monde arabe et du monde turco-iranien. Son territoire s'étend sur une superficie de 438 320 kilomètres carrés dont plus de la moitié est occupée par des espaces désertiques ou semi-désertiques. La Mésopotamie, où se situe la capitale, Bagdad, constitue l'axe de peuplement et d'urbanisation majeur du pays. Pôles secondaires du point de vue démographique, les hautes terres du Kurdistan au nord, riches en eau et en hydrocarbures, dominées par Mossoul, seconde ville du pays, et la basse Mésopotamie, au sud, marécageuse et pétrolière, dominée par Bassorah, troisième ville irakienne, sont au cœur des enjeux économiques et politiques de l'Irak d'aujourd'hui.

Longtemps espace de passage entre le monde méditerranéen et le monde indien, l'Irak a été exposé aux convoitises d'empires puissants dont les influences successives expliquent un peuplement complexe. Dans la seconde moitié du xxe siècle, l'exode rural a estompé les particularismes ethniques, linguistiques et religieux, tandis que l'idéologie nationaliste et arabiste du régime baassiste endiguait le risque de balkanisation. La résurgence violente des logiques communautaristes qui prévaut désormais se combine avec des enjeux économiques et stratégiques externes.

Trois « guerres du Golfe », la guerre Irak-Iran (1980-1988), la guerre Irak-Koweït (1990-1991) et l'intervention de la coalition menée par les États-Unis, puis l'occupation du pays -(2003-2011), ont compromis le développement agricole et industriel du treizième producteur mondial de pétrole, qui a été durement frappé par l'embargo à partir de 1990. Malgré les lourdes pertes humaines de la guerre Irak-Iran (plus de 200 000 morts), malgré la remontée du taux de mortalité, notamment infantile, consécutive aux sanctions internationales, et le départ des travailleurs étrangers dans la décennie de 1990, la population de l'Irak, qui comptait 12 millions d'habitants en 1977 et 16 millions en 1987, s'élèverait en 2013, en dépit de l'exil de centaines de milliers d'Irakiens, à plus de 31 millions d'habitants, parmi lesquels 38 p. 100 ont moins de quinze ans et seulement 3 p. 100 plus de soixante-cinq ans. Une telle structure par âge (une femme irakienne sur deux est âgée de 15 à 49 ans) et une fécondité élevée (nombre moyen d'enfants par femme de 3,6, estimation de 2013) expliquent que les projections donnent 45 millions d'Irakiens en 2025.

Deux grands fleuves et quatre ensembles naturels inégalement peuplés

Dans ce pays où la température moyenne annuelle est presque partout supérieure à 20 0C et les précipitations inférieures à 100 millimètres sur une large partie du territoire, la combinaison d'éléments climatiques, topographiques et hydrographiques conduit à distinguer quatre ensembles naturels. Le premier, au sud et à l'ouest, regroupe des plateaux arides prolongeant les déserts d'Arabie et une plaine steppique se poursuivant en Syrie. Le deuxième, culminant à plus de 3 500 mètres, s'apparente aux massifs anatoliens et iraniens. Ces montagnes du nord-est dominent la troisième composante, un piémont de hautes plaines et de collines, où s'individualise le massif du Djebel Sindjar. Quant à la plaine alluviale et deltaïque du Tigre et de l'Euphrate qui confluent avant de se jeter dans le golfe Persique, elle demeure le centre de gravité du pays. Prenant leur source dans le Kurdistan turc, ces fleuves, entre lesquels se sont élaborées dès le IIIe millénaire de l'ère préchrétienne de grandes civilisations fondées sur la maîtrise de l'eau, ont fait l'objet, dans la partie irakienne de leur cours, d'aménagements hydrauliques d'envergure au cours du xxe siècle. La construction de ces barrages, lacs de régulation, canaux de dérivation des crues répondait à plusieurs objectifs : régulariser le débit des cours d'eau ; protéger les villes contre les inondations ; accroître les superficies irriguées ; produire de l'hydroélectricité. L'Euphrate, long de 2 700 kilomètres, en parcourt 1 200 en Irak, où il ne reçoit pas d'affluent, tand [...]

Palmeraie sur les bords de l'Euphrate

Photographie : Palmeraie sur les bords de l'Euphrate

Le fleuve Euphrate à Khan al-Baghdadi, dans la région centre de l'Irak. 

Crédits : N. Wheeler

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Irak : carte physique

Irak : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Irak : drapeau

Irak : drapeau
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Palmeraie sur les bords de l'Euphrate

Palmeraie sur les bords de l'Euphrate
Crédits : N. Wheeler

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Irak : milieux naturels

Irak : milieux naturels
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : docteur en science politique, chercheur à la chaire Histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, consultante Irak
  • : ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de géographie, maître de conférences à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : docteur en sociologie politique des relations internationales
  • : professeur de lettres

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Pour citer l’article

Loulouwa AL RACHID, Brigitte DUMORTIER, Philippe RONDOT, Pierre ROSSI, « IRAK », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/irak/