INTERNET DES OBJETS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Des usages dans de nombreux domaines

L'Internet des objets étend le principe des technologies logistiques en le généralisant au-delà des environnements industriels. Chaque objet peut potentiellement être suivi par d'autres objets ou constituer lui-même un dispositif de suivi, créant ainsi un écosystème complexe d'interactions entre machines et usagers. Cette extension des technologies de la logistique permet d'abord des optimisations de comportements ou de flux. Certains gérants de supermarchés développent des caddies connectés et envisagent de supprimer les caisses de paiement afin de fluidifier les achats, grâce au traçage des produits et des utilisateurs. Dans certaines habitations, des applications domotiques contrôlent les paramètres de fonctionnement (chauffage, éclairage…) à partir de mesures effectuées dans l'environnement et d’informations contextuelles. Certains exploitants agricoles gèrent l’état des plantations et l’humidité de la terre grâce à des réseaux distribués de dispositifs et ajustent les actions à effectuer en combinant ces mesures locales avec les plans et les objectifs de production. À plus grande échelle encore, les « villes intelligentes » (smart cities) organisent le suivi en temps réel de leur consommation énergétique, de la gestion des déchets, des réseaux d’approvisionnement en eau ou de la congestion des transports urbains pour tenter d'organiser des configurations optimales et durables.

Dans la vie quotidienne, l'Internet des objets inaugure de nouvelles formes d'interactivité où l'environnement dans son ensemble devient « intelligent ». Les nouveaux usages fondés sur des dispositifs invisibles et omniprésents sont étudiés dans les domaines de l’informatique ambiante (ambiant intelligence, ubiquitious computing), qui traite de la manière de rendre l'environnement intelligent, et de l’informatique tangible (tangible computing), qui se focalise spécifiquement sur la conception d’interfaces utilisant directement les objets. Ces domaines de recherche explorent sous différents angles les modalités d’une dissolution de l'informatique dans l'environnement, simplifiant les interactions quotidiennes avec les machines, une vision originale développée dans les années 1990 en particulier par Mark Weiser (1991) et Donald Norman (1998). La porte connectée s'ouvre automatiquement pour laisser entrer les personnes autorisées, en reconnaissant un badge qui les identifie. La voiture démarre grâce à une clé de contact dotée d’un dispositif radio. La montre connectée rappelle les rendez-vous ou indique l'approche d’un véhicule attendu. Non seulement l'information se présente ainsi sous la forme la plus pertinente selon le contexte (à la maison, au travail, dans les transports, dans la rue…), mais les objets s'adaptent continuellement pour rendre leur utilisation la plus fluide possible.

Dans l'écosystème de l'Internet des objets, chaque dispositif connecté enregistre des séquences d'interactions et de mesures puis partage potentiellement ces mesures avec d'autres dispositifs. Les montres connectées mesurent ainsi le nombre de pas, la pulsation cardiaque et identifient les typologies d'activités dans lesquelles la personne s’engage en fonction des séquences de données mesurées. Ces informations sont complétées par celles qui sont obtenues par les balances connectées et l’ensemble de ces enregistrements de paramètres corporels peut être consolidé dans une base de données individuelle. De nombreux prototypes ont été développés pour insérer de nouveaux systèmes de mesure dans les vêtements, les sols, les transports, le mobilier urbain. Chaque objet récolte ainsi une histoire qui, à son tour, documente la trajectoire biographique des personnes qui interagissent avec lui. L'évolution des séries temporelles de chacune de ces mesures, visualisable sous diverses interfaces, constitue une documentation automatisée de la propre vie d’un individu (lifelogging). Ces journaux de données peuvent être utilisés de manière strictement personnelle, en général dans un but d'amélioration, ou de manière sociale, en partageant par exemple ses performances sportives et instaurant de cette manière une forme de motivation à l’entraînement par l'émulation collective. Certaines personnes pratiquant la quantification systématique d’un grand nombre d’aspects de leur vie (quantified self) partagent ces journaux à plus [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par :

  • : professeur, directeur du Digital humanities institute à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse)

Classification

Voir aussi

Les derniers événements

22 mars 2021 Tunisie. Mise sur orbite d'un premier satellite.

Une fusée, qui décolle de la base de Baïkonour, au Kazakhstan, place sur orbite le premier satellite de conception tunisienne, Challenge One, destiné à gérer l’Internet des objets connectés. La Tunisie est le sixième pays africain, et le premier maghrébin, à placer un satellite sur orbite.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Frédéric KAPLAN, « INTERNET DES OBJETS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/internet-des-objets/