INSPIRATION (Grèce antique)

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La folie poétique

Dans le Phèdre, Platon critique la rhétorique pratiquée à son époque. Pour garder à sa critique une dimension raisonnable, il la fait porter sur un exemple, un discours rédigé par Lysias et que Phèdre lit à Socrate au début du dialogue. Ce discours développe, comme c'était souvent le cas à l'époque, un thème paradoxal : un garçon doit accorder ses faveurs à qui les sollicite, à condition que ce dernier déclare ne pas être amoureux. L'amoureux en effet est un fou, qui ne peut qu'être désagréable et malfaisant à l'égard de celui qu'il prétend aimer. Dans un premier temps, Socrate tente de rivaliser avec Lysias en prononçant un discours qui développe le même thème. Mais le signal divin se fait entendre. Socrate se ravise et prononce, en guise de palinodie (chant de rétractation) adressée à Éros, un second discours qui est un éloge de la folie, d'une certaine espèce de folie du moins. Car, pour Platon, il faut distinguer entre une folie d'origine humaine, qui résulte d'un mauvais fonctionnement du corps, et une folie d'origine divine, qui s'explique par l'intervention d'une divinité qui empêche l'exercice normal de la raison.

Cette folie d'origine divine, qui est, à proprement parler, un enthousiasme (littéralement la possession par un dieu), présente quatre espèces. La folie mantique, qui rend compte de la divination, est un don d'Apollon. La folie télestique, que déclenchent les initiations ou les mystères en provoquant cette exaltation qui purifie les participants des fautes anciennes, vient de Dionysos. La folie poétique, don des Muses, donne au poète une vision similaire à celle des dieux, qui le rend contemporain du passé qu'il évoque. Enfin, la folie érotique, dispensée par [...]


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Pour citer l’article

Luc BRISSON, « INSPIRATION (Grèce antique) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/inspiration/