INFINI, philosophie

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les problèmes de l'infini

Manifestation de ce qui est, de l'étant, à un être conscient, la connaissance signifie autant représentation du donné – individuel ou universel –, intuition et entendement, que dépassement du donné dans l'aventure et la méthode de la recherche. En se donnant, l'étant offre certains traits et en exclut d'autres. S'il est ainsi, il n'est pas autrement. Son essence est définie. Cette limitation peut être comprise comme n'excluant que de simples possibles, grouillant, sans être, dans la nuit. C'est l'infini chaotique, troublant le savoir. Dès lors, l'essence serait finie au sens où une œuvre d'art est parachevée, au sens où un réel peut être réalisé jusqu'à l'accomplissement. Il s'agirait de ce que, en termes de métier, on appelle finition. Finition étroitement liée à la cognoscibilité. La finitude ou l'achèvement de l'essence serait précisément ce par quoi elle vient à maturité, « prend apparence », prend forme, s'incarne et reçoit, pour ainsi dire, une carnation, se fait visible, se produit : ce par quoi elle se présente ou se conçoit, ce par quoi, inspectable et dessinée, elle imprime à l'indétermination malléable de la réceptivité le dessin de l'être. Mais la connaissance recueillant un donné est aussi refus du donné. Le donné n'exclut pas que des possibles. Il est tiré – abstrait – de la totalité du réel qui le déborde sans fin. Tout se passe comme si le savoir se mouvait au-delà du donné, sans avoir à mesurer la hauteur ou le degré de cet au-delà.

La connaissance ne serait pas l'information de la conscience par une forme exhibée ; la finitude du donné serait privation ; et l'écart entre le donné et l'infini constituerait l'ouverture qui laisse passer la lumière, comme si jusque dans son voir – jusque dans sa spéculation – la connaissance récupérait un décalage. Le concept n'aurait rien de statique ; il aspirerait aux richesses d'au-delà des frontières à partir de l'indigence [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages





Écrit par :

Classification


Autres références

«  INFINI, philosophie  » est également traité dans :

ANAXIMANDRE (VIe s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Clémence RAMNOUX
  •  • 530 mots
  •  • 1 média

De quelque quinze ou vingt ans le cadet de Thalès, et sans doute son élève : ce qui place sa maturité entre ~ 570 et ~ 565 environ. À la suite d'Aristote et de Théophraste, la doxographie ancienne lui attribue une place importante à l'origine des techniques, des sciences et de la philosophie. Il aurait dessiné les premières cartes de géographie et la première carte du ciel. Il aurait introduit en […] Lire la suite

ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 11 115 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Les présocratiques »  : […] La philosophie n'est pas née à proprement parler en Grèce, mais dans les colonies grecques d'Asie Mineure. C'est à Milet qu'une lignée de physiciens, souvent appelés ioniens en raison de leur origine, commencent à spéculer, dès le début du vi e  siècle avant J.-C., sur la nature profonde des choses, c'est-à-dire sur ce qui, derrière les apparences, constitue leur principe (ἀρχή). La notion de p […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 833 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Nature et mouvement »  : […] Le livre II de la Physique définit l'être naturel ( physei on ), objet propre de la physique. Il se distingue de l'être artificiel en ce qu'il a en lui-même un principe de mouvement et de repos. Alors que, dans l'art, l'agent est extérieur au produit, la nature est un principe immanent de spontanéité : la nature ressemble à un médecin qui se guérirait lui-même (199 b 31). L'analogie de l'art perm […] Lire la suite

ART (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 279 mots

Dans le chapitre « Le destin de l’art »  : […] La reconnaissance de l’œuvre géniale par l’humanité tout entière n’est-elle pas aussi le signe qu’à travers l’art les hommes progressent dans la connaissance qu’ils prennent d’eux-mêmes ? « Tous les arts sont des miroirs où l’homme connaît et reconnaît quelque chose de lui-même qu’il ignorait », écrit Alain (1868-1951). Jusqu’où cependant faut-il valoriser cette fonction de l’art, et cette valori […] Lire la suite

BLONDEL MAURICE (1861-1949)

  • Écrit par 
  • Jean TROUILLARD
  •  • 1 877 mots

Dans le chapitre « L'action et l'infini »  : […] Blondel eut très vite le sentiment que la philosophie et la foi avaient en définitive tout à gagner dans l'approfondissement du conflit qui les opposait. De sa rigueur même devait surgir la solution. Si raison et foi semblaient incompatibles, c'est qu'on s'en tenait à des oppositions artificielles sans ramener l'une et l'autre à leur pureté originelle. Si on suit la genèse de la raison, on voit q […] Lire la suite

BRUNO GIORDANO (1548-1600)

  • Écrit par 
  • Jean SEIDENGART
  •  • 5 287 mots

Dans le chapitre « « Académicien de nulle académie » »  : […] Né à Nola, Filippo Bruno prit le nom de Giordano en 1565 quand il entra au couvent dominicain de Naples, après quelques études de littérature classique et de philosophie à l'université. Reçu docteur en théologie en 1572, il quitta définitivement son ordre en 1576, à la suite de deux procès. En 1579, on le trouve à Genève, où il se convertit au calvinisme. La même année, il vint enseigner à Toulous […] Lire la suite

DIEU - Problématique philosophique

  • Écrit par 
  • Jacques COLETTE
  •  • 5 672 mots

Dans le chapitre « Le souverain bien »  : […] Que l'idée du bien régisse le domaine entier du savoir, telle était l'essence même du platonisme. Philosophiquement réfléchie, l'expérience morale et politique donnait ainsi à penser, pour la première fois de manière principielle, la totalité de l'étant. Cette inspiration capitale traverse les siècles, mais c'est avec Kant que ce discernement éthique en vient à constituer le cœur même de la raiso […] Lire la suite

ENGAGEMENT

  • Écrit par 
  • Jean LADRIÈRE, 
  • Jacques LECARME, 
  • Christiane MOATTI
  •  • 11 579 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La limite et l'illimité »  : […] Comment comprendre d'autre part que l'engagement, tout en mobilisant la totalité de l'être, ne soit effectif que dans la mesure où il porte sur un objet précis et limité ? Ici se manifeste une structure qui caractérise la volonté humaine et que l'on pourrait décrire en distinguant la volonté comme pouvoir et la volonté comme effectivité. En tant que pouvoir, la volonté n'est liée par aucune déter […] Lire la suite

FINITUDE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 550 mots

Dans la philosophie grecque, fini et infini forment couple ; ils rendent compte de deux aspects du réel. Le fini, c'est le degré de détermination d'une notion ou d'une chose, ce qui fait qu'elle a un caractère précis, achevé dans son ordre. L'infini, c'est le degré d'indétermination d'une notion ou d'une chose, ce qui fait qu'elle comporte une part d'inconnu, de mystère, par excès ou par défaut, a […] Lire la suite

IMMANENCE ET TRANSCENDANCE

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 4 276 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le réalisme métaphysique et religieux »  : […] Dans l'esprit de la métaphysique classique, depuis Platon, les deux notions d'immanence et de transcendance sont liées (que ces termes soient présents ou non), s'impliquant l'une l'autre comme des contraires qui s'appellent et s'excluent. L'idéalisme platonicien peut servir de paradigme ou d'exemplaire pour éclairer leur signification. C'est à partir et au moyen du platonisme que la métaphysique […] Lire la suite

INFINI RÉGRESSION À L'

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 838 mots

Parce qu'expliquer c'est remonter du présent à ce qui l'a précédé, du composé au simple, la régression à l'infini est un procédé logique qui tente de rencontrer une limite ou un terme premier ne dépendant plus d'aucune condition. L'impossibilité d'accomplir ainsi la régression, s'agissant d'un tout infini, est un argument sceptique, tandis que des dogmatistes assurent l'intelligibilité de l'univer […] Lire la suite

LÉVINAS EMMANUEL (1905-1995)

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 3 188 mots

Dans le chapitre « Autrui me regarde : l'épiphanie du visage »  : […] L'expérience du « déchirement profond d'un monde attaché à la fois aux philosophes et aux prophètes » ( Totalité et Infini ) est un aspect du thème central autour duquel gravite Totalité et Infini , qu'explicite le sous-titre : Essai sur l'extériorité . Lévinas cherche à étayer par des descriptions phénoménologiques originales sa thèse selon laquelle l'ontologie, aussi bien celle d'Aristote que c […] Lire la suite

LIBERTÉ

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 11 650 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le surgissement de la subjectivité »  : […] L'entrée en scène de la notion de subjectivité nous enjoint de porter notre attention sur le fait que le fond, auquel renvoient les notions d'acte, d'action, d'activité, ressortit à une histoire profonde. Celle-ci ne peut être réduite, semble-t-il, à un pur changement de théorie, qui serait lié lui-même à un changement culturel, encore moins à quelque changement idéologique ; elle est, d'une certa […] Lire la suite

MALEBRANCHE NICOLAS (1638-1715)

  • Écrit par 
  • Ginette DREYFUS
  •  • 8 465 mots

Dans le chapitre « Le problème de l'infini et du fini »  : […] On vient de voir comment, qu'il s'agisse de la théorie de la connaissance ou du système de la Providence, Malebranche, se situant au point de vue de Dieu et récusant tout anthropomorphisme, s'efforce d'expliquer cette jonction de l'infini et du fini dont Descartes ne s'était occupé qu'à propos de la preuve de Dieu par les effets, c'est-à-dire fort peu. Mais la difficulté de l'entreprise est à la m […] Lire la suite

MICROCOSME ET MACROCOSME

  • Écrit par 
  • Hélène VÉDRINE
  •  • 4 258 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Du XVIe siècle au renversement pascalien »  : […] C'est au xvi e siècle que la notion de microcosme devient envahissante : de Paracelse (1493-1541) à Bruno (1548-1600), de Cardan (1501-1576) à Campanella (1568-1639), elle pénètre la littérature, la philosophie, la science et l'art. La nature apparaît comme une force vitale, exubérante, produisant à l'infini. Les êtres sont ses enfants, tout est animé, et il suffit d'un peu de savoir pour compren […] Lire la suite

MONDE

  • Écrit par 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 5 934 mots

Dans le chapitre « La transcendance »  : […] Si telle est la structure du monde, on peut entrevoir ce qu'est la mondanéité de l'existant humain. Si le monde est primordialement horizon (et n'a son contenu qu'à partir de ce caractère), le rapport de l'existant à son monde doit être compris essentiellement comme rapport à un horizon. Sa manière propre de s'insérer dans la réalité, c'est de déployer autour de lui un système concret de significa […] Lire la suite

NÉANT

  • Écrit par 
  • Jean LEFRANC
  •  • 3 210 mots

Dans le chapitre « Une certaine idée négative du néant »  : […] On voit combien le rapprochement (pourtant souvent fait) avec l'analyse platonicienne du Sophiste doit être limité. Il s'agissait pour Platon de définir le sophiste comme celui qui fait être ce qui n'est pas. Contre l'aphorisme de Parménide, il faut donc affirmer la possibilité du faux dans le discours et dans les choses et montrer que, d'une certaine manière, le non-être est et l'être n'est pas […] Lire la suite

PANTHÉISME

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 7 630 mots

Dans le chapitre « L'autosuffisance du monde »  : […] Une telle doctrine a plus de force que celle de Bruno, en raison d'une meilleure organisation logique des concepts et en raison d'une pureté rationnelle plus parfaite. Spinoza, par exemple, n'aurait jamais accordé, comme Bruno, que la magie pût avoir une vérité, ou qu'il soit possible de parler d'une surnature. C'est en toute rigueur que le Dieu de Spinoza, comme Substance, doit être identifié à l […] Lire la suite

PATRISTIQUE

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 8 815 mots

Dans le chapitre « Un nouvel univers spirituel »  : […] On pourrait ainsi penser que les Pères de l'Église, en concevant le christianisme comme une philosophie, ont complètement hellénisé le christianisme. La réalité est beaucoup plus complexe. Le donné évangélique originel, même transformé ou déformé, est toujours resté présent. Des éléments étrangers à la tradition hellénique exigèrent, pour être exprimés dans le langage de la philosophie hellénique, […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Emmanuel LÉVINAS, « INFINI, philosophie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/infini-philosophie/