IMAGE ET CULTE. UNE HISTOIRE DE L'ART AVANT L'ÉPOQUE DE L'ART, Hans BeltingFiche de lecture

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Les changements aux XIe-XIIIe siècles

L'analogie établie, et préservée, entre le corps christique et l'image chrétienne avait valeur de norme. Dans une certaine mesure, elle fut indispensable pour que le corps humain trouvât, à son tour, un reflet d'image et s'affirmât dans une culture qui le tenait dans le plus grand mépris.

Au xie siècle dans le monde byzantin, au cours du xiie siècle en Europe, la situation changea, sous les effets conjugués de plusieurs facteurs sociaux : l'émergence d'un autre public pour les images, se recrutant cette fois en ville et ayant une autre culture que celle des hommes d'Église ; l'apparition de foyers de dissidences religieuses ; les rôles et les fonctions attribués aux laïcs. L'usage d'icônes d'un genre nouveau se répandit à Constantinople et dans l'Empire tout au long du xie siècle, celui d'« images parlantes » selon Michel Psellos (1018-1078), mieux adaptées pour répondre aux besoins et aux croyances en pleine évolution.

En Europe, par le relais des villes portuaires de l'Italie, ces « images parlantes » rencontrent un succès massif auprès des laïcs, puis des milieux ecclésiastiques, aux xiie-xiiie siècles : le Crucifix de bois peint, la Madone trônante, la Vierge de tendresse (le type grec de l'Eleousa) deviennent, jusqu'aux années 1300, les sujets les plus traités dans l'art. De format monumental, tel le type du Crucifix exposant aux regards le corps souffrant de Jésus-Christ, ou de dimensions très modestes, de petits triptyques en général, pour la Vierge de tendresse, ces « images parlantes » montrent un aspect du Christ, celui qui se rattache à la Passion et au récit des Évangiles. La relation référentielle a été inversée : elle n'est plus constituée par le dogme lui-même, mais par des images dont on reprend certains aspects, parce qu'ils sont les seuls susceptibles d'avoir de la pertinence auprès de publics élargis. De la fin du xiiie siècle jusqu'au début de la Renaissance, ces tendances sont confirmées (Hans Belting, L'Image et son public au Moyen Âge, trad. franç. F. Israel, éd. Gérard Monfort, Paris, 1998).


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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de l'Université, ancien membre de l'École française de Rome, professeur d'histoire de l'art médiéval à l'université de Bourgogne

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BELTING HANS (1935- )

  • Écrit par 
  • Daniel RUSSO
  •  • 2 172 mots

Dans le chapitre « L'image aux premiers temps du Christianisme »  : […] À partir de ses observations sur les derniers siècles du Moyen Âge, Hans Belting a élargi sa recherche à une période plus longue de l'histoire, afin de prendre en compte les débuts des images et des arts figurés dans le christianisme. Depuis l'Antiquité jusqu'au concile de Trente (1545) et jusqu'aux avatars contemporains, il a composé le tableau, riche et varié, de l'expérience humaine des images, […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Daniel RUSSO, « IMAGE ET CULTE. UNE HISTOIRE DE L'ART AVANT L'ÉPOQUE DE L'ART, Hans Belting - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/image-et-culte-une-histoire-de-l-art-avant-l-epoque-de-l-art/