IDÉALISME

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Les éléments de la représentation : le sujet et l'objet

Croire à la réalité de ce que nous révèlent les sens est la réaction primitive et naturelle. Les premiers philosophes grecs considéraient comme un principe du monde un élément intuitif (l'eau, l'air, le feu) élevé au rang d'abstraction. (Hegel remarquait que l'eau de Thalès n'est pas l'eau empirique : c'est une idée, non pas une chose qu'on trouve dans la nature – en fait, c'est un état ou une phase de la matière.) Plus tard, on découvre la différence entre le perçu et le pensé ; de là l'attention dérive sur les prétendues erreurs des sens ; certains embrassent la conclusion que le raisonnement sur des idées ou des concepts est plus sûr que les données de l'intuition. Distinguer entre le phénomène (ce qui s'atteint par les sens) et le noumène (objet de la connaissance intellectuelle ou rationnelle) est un premier pas vers l'idéalisme. Mais celui-ci ne se constitue que quand on définit le monde ou l'univers comme la représentation d'une conscience ou d'un sujet pensant.

L'idéalisme est étranger à l'Antiquité grecque et au Moyen Âge occidental. Les métaphysiques et les religions orientales portent l'empreinte de l'idéalisme. En Occident, l'idéalisme a été préparé par la réflexion sur le mode d'être des idées et sur les rapports entre l'intelligence et la réalité. Il n'est pas indifférent que les penseurs qui sont à l'origine des métaphysiques idéalistes soient des théologiens ou des ecclésiastiques. Dans la philosophie occidentale, l'idéalisme finit par dégager une notion d'activité intellectuelle indifférente au contenu (« N'importe quoi marche »), ou bien il libère les tendances pragmatiques (méthode expérimentale, [...]

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Écrit par :

  • : professeur à l'université Paris-XII-Val-de-Marne, Créteil

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Pour citer l’article

Jean LARGEAULT, « IDÉALISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/idealisme/