I Can't Control myself, TROGGS (THE)

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The Troggs est une formation britannique de «proto-punk» prolétarien, dont le rock hargneux est à l'image de leur premier tube, Wild Thing, qui sera en 1966 classé premier dans les hit-parades aux États-Unis, et dont un million d'exemplaires seront vendus.

Ce groupe apparaît en 1964, sous le nom de The Troglodytes, ce qui en dit long sur le son caverneux que ses membres revendiquent. En 1966, ayant changé leur nom en The Troggs, ceux-ci commencent à travailler avec Larry Page, qui les avait entendu jouer You Really Got me, un morceau au riff transpositeur tranchant dû aux Kinks, dont il était l'ancien manager et producteur. Plusieurs des titres des Troggs atteindront les sommets dans les hit-parades, dont, notamment, la ballade Love is All Around, leur ultime grand succès, en 1968. Preuve de leur notoriété, Jimi Hendrix terminera son fameux concert du Monterey Pop Festival de 1967 avec une psychédélique reprise de Wild Thing.

Dans les années 1970, les Troggs tombent dans l'oubli: le rock progressif tient alors le haut du pavé et ils semblent hors du coup avec leurs titres de trois minutes, leurs sons de guitare crunchy et leur apparence de méchants. Mais, leur influence sur le groupe de Detroit MC5, les Californiens de X et, surtout, les New-Yorkais de The Ramones étant reconnue, The Troggs regagneront le panthéon du rock à la faveur de l'avènement du punk.

I Can't Control Myself (1966), écrit par Reg Presley, le chanteur et principal compositeur du groupe, aura un retentissement considérable en Grande-Bretagne. Cependant, trop salace, il sera interdit de diffusion sur les ondes de la B.B.C.

Malgré le gimmick du début, chanté à plusieurs voix mais non harmonisé, gentillet mais ironique, ce titre donne une impression de brutalité qui est sans doute liée au son d'ensemble, chargé en fréquences médium. La caisse claire martèle les temps pendant que les deux guitares aux sons «sales» (dus à une saturation de l'amplificateur à lampes) jouent les croches et occupent l'espace par des accords ouverts. Un accord pour le couplet, deux autres pour le refrain: une construction minimaliste! La voix est doublée à l'unisson, avec un effet de proximité accentué. I Can't Control Myself est un morceau d'anthologie qui annonce, en pleine période pop, les vicissitudes bruyantes des décennies suivantes.

—  Eugène LLEDO

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Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « I Can't Control myself, TROGGS (THE) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/i-can-t-control-myself-troggs-the/