HYPOPHYSE ou GLANDE PITUITAIRE

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Structure, origine, fonctions

L'hypophyse, ou glande pituitaire, est un très petit organe, ayant chez l'homme à peine le volume d'une noisette, pesant environ 0,60 g. Reliée à la base du cerveau par la « tige pituitaire », elle est située à l'intérieur de la boîte crânienne, dans une dépression osseuse, la « selle turcique ». Bien qu'ayant l'apparence d'un organe unique, elle est formée, en réalité, de deux parties ou lobes, différant par leur structure, leur origine embryonnaire et leurs fonctions.

Axe hypothalamo-hypophysaire

Diaporama : Axe hypothalamo-hypophysaire

L'hypothalamus, partie ventrale du diencéphale, et l'hypophyse, petit glande suspendue à la base du crâne niché dans un écrin osseux, sont deux structures qui ne représentent que 1 % du poids du cerveau mais qui exercent une grande influence sur la physiologie de l'ensemble de... 

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Le lobe antérieur

L'hypophyse se développe à partir de deux ébauches totalement différentes : une évagination de l'ectoblaste du stomodaeum située immédiatement en avant de la membrane pharyngienne et qui constitue la poche de Rathke, et un prolongement inférieur du plancher du diencéphale, l'infundibulum. Chez l'embryon de trois semaines, la poche de Rathke se dirige dorsalement à la rencontre de l'infundibulum. Vers la fin du deuxième mois, elle perd ses connexions avec la cavité buccale et se trouve en contact intime avec l'infundibulum. Au cours du développement ultérieur, les cellules de la paroi antérieure de la poche de Rathke prolifèrent activement pour former le lobe antérieur de l'hypophyse (lobe glandulaire ou antéhypophyse). Par la suite, une petite expansion de ce lobe, la pars tuberalis, se développe le long du pédicule infundibulaire pour venir finalement l'entourer complètement. La paroi postérieure de la poche donne la pars intermedia .

Pars intermedia

Dessin : Pars intermedia

A : coupe sagittale passant par la région céphalique, d'un embryon de six semaines, montrant la poche de Rathke, diverticule dorsal de la cavité buccale et l'infundibulum, épaississement du plancher du diencéphale. B et C : coupes sagittales passant par l'hypophyse en cours de... 

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Le lobe antérieur a la structure caractéristique d'une glande à sécrétion interne, c'est-à-dire qu'il est dépourvu de canal excréteur et que ses produits de sécrétion se déversent directement dans le sang, au niveau du riche réseau de capillaires sinusoïdes disposé parmi ses éléments cellulaires. Ceux-ci étaient jadis classés grossièrement en cellules chromophobes, acidophiles (ou éosinophiles) et basophiles. Des méthodes fines de coloration et la microscopie électronique permettent aujourd'hui de distinguer sept types cellulaires, répondant aux sept hormones sécrétées par la glande.

L'activité de ces cellules et la mise en circulation de leurs hormones sont sous la dépendance de centres nerveux situés à la base du cerveau, dans la région dite hypothalamus. Ces centres sont eux-mêmes réglés par les concentrations sanguines d'hormones, c'est-à-dire par les besoins de l'organisme (phénomène d'action en retour ou feed-back). Ces relations se font par l'intermédiaire de substances chimiques, les releasing factors, sécrétées par des amas cellulaires spécialisés de l'hypothalamus, et qui gagnent l'antéhypophyse par le système porte hypophysaire (cf. hypothalamus, fig. 3).

Des sept hormones sécrétées par l'antéhypophyse, quatre n'exercent leur action que par l'intermédiaire d'une autre glande endocrine, dont elles maintiennent la trophicité et l'activité sécrétoire. Telles sont la thyréostimuline (TSH ou thyréotrophine), la corticostimuline (ACTH ou corticotrophine), et les deux hormones gonadotropes (FSH et LH ou gonadotrophines) qui influencent respectivement la glande thyroïde, la glande corticosurrénale et les gonades (ovaires ou testicules). La prolactine (hormone lutéotrophique : LTH) tient sous sa dépendance la sécrétion lactée, tout en stimulant accessoirement l'ovaire.

Les deux dernières hormones hypophysaires agissent directement sur les tissus effecteurs ; il s'agit de l'hormone de croissance ou hormone somatotrope (STH) et de l'intermédine ou hormone mélanotrope (MSH). La STH joue un rôle essentiel dans la croissance, non seulement du squelette, mais aussi de tous les tissus, et ceci grâce à de nombreuses modifications métaboliques : anabolisme des protéines, hyperglycémie, dégradation et utilisation des graisses. L'action physiologique de la MSH est beaucoup plus modeste car elle ne s'exerce que sur les cellules pigmentaires ; elle se rattache au groupement ACTH.

Le lobe postérieur

L'infundibulum donne naissance à la tige pituitaire et au lobe postérieur (ou lobe nerveux, posthypophyse, neurohypophyse ou pars nervosa). Ce lobe est constitué par des fibres nerveuses dépourvues de myéline et par des cellules névrogliques. Les fibres émanent de neurones situés dans la région infundibulo-tubérienne ou hypothalamus et groupés en noyaux, dont les principaux sont les noyaux propres du tuber, les noyaux para-ventriculaires et supra-optiques.

Pars intermedia

Dessin : Pars intermedia

A : coupe sagittale passant par la région céphalique, d'un embryon de six semaines, montrant la poche de Rathke, diverticule dorsal de la cavité buccale et l'infundibulum, épaississement du plancher du diencéphale. B et C : coupes sagittales passant par l'hypophyse en cours de... 

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Système hypothalamo-hypophysaire du chat

Dessin : Système hypothalamo-hypophysaire du chat

Coupe mi-sagittale schématisée de l'hypothalamus et de l'hypophyse du chat montrant l'organisation générale du système hypothalamo-hypophysaire avec les connexions nerveuses (faisceaux supra-optico-hypophysaire et tubéro-hypophysaire) pour la posthypophyse et les connexions vasculaires... 

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Les hormones extraites de la posthypophyse (vasopressine et ocytocine) sont en réalité sécrétées par ces cellules nerveuses, et, cheminant le long de la tige pituitaire, gagnent le lobe postérieur, qui paraît constituer surtout un organe de stockage.

La vasopressine (ADH), hormone antidiurétique assure la réabsorption facultative de l'eau filtrée par les glomérules du rein, présidant ainsi à la régulation hydrique de l'organisme. Sa libération ou sa rétention sont commandées par les variations de la concentration saline du plasma et par celles du volume sanguin (cf. équilibre hydrominéral).

L'ocytocine, de structure voisine mais d'importance beaucoup moindre, intervient au niveau des éléments contractiles des muscles lisses de l'utérus, des vaisseaux sanguins et de la glande mammaire, participant ainsi aux mécanismes de la parturition et de l'éjection du lait.

La nature et les propriétés des différentes hormones hypophysaires ont été indiquées dans un autre article. On n'envisagera ici que les états pathologiques réalisés, chez l'homme, par leur défaut ou par leur excès, et qui sont, en somme, des aspects caricaturaux de leurs fonctions.

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Système endocrinien

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  • : professeur honoraire de clinique endocrinologique à la faculté de médecine de Paris, membre de l'Académie nationale de médecine

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Pour citer l’article

Jacques DECOURT, « HYPOPHYSE ou GLANDE PITUITAIRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hypophyse-glande-pituitaire/