HONG SANG-SOO (1960- )

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Variations sur le sentiment amoureux

En 1996, il tourne un premier long-métrage au titre énigmatique : Le Jour où le cochon est tombé dans le puits. Hong Sang-soo y entrecroise les destins d’un médiocre écrivain et d’un représentant de commerce psychologiquement instable. Ces personnages sans charisme errent dans l’existence comme des fantômes. Composé de chapitres astucieusement découpés, le film frappe au contraire par sa rigueur formelle. Sorti dans l’indifférence du public, Le Jour où le cochon est tombé dans le puits reçoit un accueil critique enthousiaste et unanime, ainsi que le prix du meilleur réalisateur au festival de Vancouver et celui du meilleur film à Rotterdam. Hong Sang-soo vient d’imposer la possibilité d’un cinéma coréen d’art et essai. Cependant, Le Jour où le cochon est tombé dans le puits ne sortira en France qu’en 2003, couplé aux deux films suivants : Le Pouvoir de la province de Kangwon (1998) et La Vierge mise à nu par ses prétendants (2000), tous deux présentés à Cannes dans la sélection Un certain regard. Dans un écrin noir et blanc, La Vierge mise à nu déroule pratiquement le mode d’emploi du cinéma de Hong Sang-soo, avec ses niveaux de lecture variés, son ironie envers les hommes un peu falots et sa fascination pour les femmes distantes et amusées.

Pendant quelques années, Hong Sang-soo va pouvoir travailler dans des structures de production plus solides. C’est avec le producteur français Marin Karmitz qu’il réalise en 2003 Turning Gate, une comédie amère sur un homme partagé entre deux femmes, et La femme est l’avenir de l’homme, un brillant chassé-croisé amoureux où passé et présent se mêlent dans les vapeurs d’alcool. Ce film met en scène Yoo Ji-tae, l’une des plus grandes vedettes coréennes du moment. En 2005, Conte de cinéma propose une réflexion sensible sur le métier d’actrice et sur les liens diffus entre les films et la réalité. Il signe aussi la fin de la collaboration du cinéaste avec le producteur français.

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CORÉE - Cinéma

  • Écrit par 
  • Adrien GOMBEAUD, 
  • Charles TESSON
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Dans le chapitre « La vague coréenne »  : […] Les années 1990 voient en Corée la fin du système traditionnel de production avec l'arrivée des chaebols , conglomérats de grandes sociétés (Samsung, Hyundai, Daewoo) qui investissent dans le cinéma. Ils se désistent après la crise économique de 1997 et seront relayés par les banques. Les chaebols auront entre temps donné naissance à un nouveau cinéma commercial, réalisé par de jeunes metteurs e […] Lire la suite

Pour citer l’article

Adrien GOMBEAUD, « HONG SANG-SOO (1960- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hong-sang-soo/