NITSCH HERMANN (1938- )

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Du tableau à l’action

Influencé par les acteurs de la peinture informelle tels que Markus Prachensky, Hans Hartung ou Georges Mathieu,Hermann Nitsch réalise sa première Malaktion (action avec de la peinture) à la fin de l’année 1960, dans son atelier viennois : un panneau en fibre de bois est apprêté en blanc, de la peinture rouge y est aspergée et versée, une éponge imbibée de peinture rouge est essorée au-dessus du tableau. Enfin, avec un large pinceau, Nitsch fouette le tableau.

Enrichissant le vocabulaire technique de Max Ernst et de Jackson Pollock, Nitsch aboutit ainsi à ses Schüttbilder, des supports sur lesquels du liquide est déversé. L’excitation sensuelle éprouvée par l’artiste et le public au moment où la substance entre en contact avec son support parachève l’effet dynamique et dramatique recherché par l’artiste.

Nitsch semble toutefois insatisfait des effets « tachistes » obtenus. Il transforme dès 1962 l’acte de peindre par l’utilisation d’objets réels et de substances différentes : l’artiste remplace la peinture rouge par du sang et mêle à son tableau les entrailles et le cadavre d’un agneau, fraîchement écorché par un professionnel. Dans cet esprit a lieu, en décembre 1962, devant un public invité dans l’appartement d’Otto Muehl, cofondateur de l’actionnisme viennois, l’action no 1 : un homme, âgé de vingt ans, est habillé d’une chasuble blanche ; placé comme crucifié contre l’un des murs de la pièce, il est aspergé de sang, qui coule sur sa figure et ses vêtements. Ici, Nitsch crée le lien entre sa peinture d’action, un élément essentiel dans le projet global du Théâtre des orgies et mystères, et le motif de base de son œuvre, la victime crucifiée. Durant l’action, le port par Nitsch d’un costume cérémoniel, tel celui d’un prêtre, souligne le caractère sacré et rituel de l’action, qui dès lors se déroule à chaque fois devant un public.

En mars 1963, Nitsch investit la galerie d’art de Josef Dvořák à Vienne pour l’exécution de l’action no 2 : l’artiste arrose de [...]


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Pour citer l’article

Matthias SCHÄFER, « NITSCH HERMANN (1938- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hermann-nitsch/