LAURENS HENRI (1885-1954)

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Une difficile acclimatation

Né dans une famille d'ouvriers parisiens, Henri Laurens est un autodidacte. La fréquentation assidue d'un cours du soir ne compte guère en regard de la rude leçon que lui donne, par la taille directe des pierres sur le chantier, son métier de sculpteur ornemaniste. En 1911, sa solitude est rompue par la rencontre de Braque et la naissance d'une amitié qui ne se démentira pas. Il expose pour la première fois au Salon des indépendants en 1913. Léonce Rosenberg organise sa première exposition particulière en 1916. Ainsi s'amorce une carrière féconde, discrète, ennemie des vaines gloires, mais saluée par les plus grands artistes de ce temps, et que jalonnent plusieurs consécrations officielles : prix Helena Rubinstein (1935), participation importante à l'Exposition universelle de 1937, aux Biennales de Venise (1948, 1950), rétrospective du musée national d'Art moderne de Paris (1951), enfin grand prix de la biennale de São Paulo (1953).

L'adhésion de Laurens au cubisme peut paraître tardive. Lorsqu'il consent enfin, en 1916, à livrer au public les fruits d'un travail accompli selon les règles de la nouvelle esthétique, il y a longtemps déjà que les sculptures d'Alexandre Archipenko (1887-1964), Raymond Duchamp-Villon (1876-1918) et Joseph Csaky (1888-1971), réunies sous la commune étiquette d'œuvres cubistes, ont déchaîné les sarcasmes de la critique. La démarche de Laurens ne saurait être comparée à celle de ses prédécesseurs immédiats. Le cubisme pictural a été pour lui une révélation, au sens religieux du terme ; les premières visites à l'atelier de Braque laissèrent halluciné, rempli d'un « trouble inexprimable » le jeune sculpteur à peine sorti de l'emprise de Rodin. Mais cette stupeur fut passagère et vint le temps de la réflexion. Le cubisme se présente à l'origine comme l'une des plus remarquables tentatives de toute l'histoire de l'art pour instaurer une nouvelle problématique de l'e [...]


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Pour citer l’article

Gérard BERTRAND, « LAURENS HENRI - (1885-1954) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/henri-laurens/