HEIKE MONOGATARI

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Genèse et développement

Divers noms ont été avancés pour le ou les auteurs présumés du Heike. Mais ce sont autant d'affirmations gratuites qu'aucune preuve sérieuse n'étaie. L'étude de la tradition manuscrite montre du reste que, malgré la cohérence indéniable du dessein général, nombreux ont dû être ceux qui ont apporté leur pierre à l'édifice.

Cent vingt-six manuscrits connus (chiffre provisoire, car l'on en découvre sans cesse), qui peuvent être classés en vingt-deux familles, permettent de reconstituer la genèse et de suivre le développement de ce chef-d'œuvre de la littérature épique.

Si la « vulgate » (rufu-bon) en effet, représentée par quatre-vingt-quatorze manuscrits, et qui connut au xviie siècle les honneurs de l'impression, est en douze livres, d'autres versions en donnent un état antérieur en six livres, ou postérieur en vingt ou quarante-huit livres. Ce dernier état comporte des additions d'une telle ampleur qu'on a pu longtemps le tenir pour une relation entièrement distincte et plus détaillée des mêmes événements, à laquelle on avait donné le titre de Genpei seisuiki, « Chronique de la grandeur et de la décadence des Minamoto et des Taira ». Une étude comparée montre en fait que le Seisuiki n'est qu'un délayage du Heike, tellement encombré de digressions que toute trace de son unité primitive est effacée.

L'existence d'une division primitive en six livres est d'autant plus instructive qu'elle apparaît précisément dans le manuscrit le plus ancien, celui dit « de l'ère Enkei » (1308-1309), encore que le contenu en soit déjà très proche de la « vulgate ». La découverte enfin dans le catalogue d'une bibliothèque, daté de 1363, de la mention d'une version du Heike en trois livres, aujourd'hui disparue, complète le tableau. Certaines indications portent à croire que cette version datait des environs de 1220 et qu'elle était donc d'une quarantaine d'années seulement postérieure aux faits qu'elle relatait.

Le rapprochement que l'on ne peut manquer de faire avec deux autres documents de tout temps mis en parallèle avec le [...]

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  • : professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

René SIEFFERT, « HEIKE MONOGATARI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/heike-monogatari/