BERLIOZ HECTOR

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L’enfance en Dauphiné

Hector Berlioz naît dans une famille de la bourgeoisie iséroise, à La Côte-Saint-André, le 11 décembre 1803, alors que l’épopée napoléonienne bat son plein. Son père, Louis Berlioz (1776-1848), médecin à l’esprit voltairien, propriétaire terrien, est aussi le maire de la ville natale du jeune Hector, où celui-ci grandit. Le livre de raison qu’il tenait, conservé au musée Hector-Berlioz (à La Côte-Saint-André), offre de précieuses pistes pour retracer l’histoire de cette famille. La mère du compositeur, Joséphine Marmion (1784-1838), fervente catholique, est restée célèbre, notamment grâce aux Mémoires du compositeur, pour s’être farouchement opposée à la vocation de musicien de son fils. Les quelques lettres que l’on garde d’elle, adressées à ses filles – Nanci (1806-1850) et Adèle (1814-1860), les deux sœurs de Berlioz –, montrent cependant une mère soucieuse du bonheur de son fils – qu’elle n’imagine pas épanoui dans la vie qu’il a choisie –, une mère certainement fière, parfois, de ses succès. Le colonel Félix Marmion, frère de la mère du compositeur, très bon chanteur, violoniste et connaisseur d’opéra, jouera un rôle important en préservant un lien entre Berlioz et sa famille, dans les moments de tension liés à ses choix professionnels. Enfin, un jeune frère, Prosper (1820-1839), mourra de maladie alors qu’il est en pension à Paris. Le deuil partagé par Berlioz et les siens laisse deviner une famille unie.

Le cadre de La Côte-Saint-André eut sans doute une influence sur l’entrée en musique d’Hector Berlioz. David Cairns a montré comment l’environnement de cette bourgade a pu former le jeune garçon, à travers musique militaire de la garde nationale et musique de chambre en compagnie d’amis de la famille. On sait qu’il apprit la flûte, en famille d’abord puis avec les maîtres de musique de La Côte, qui lui enseignèrent aussi le chant et la guitare. L’année 1819 donne le premier témoignage de son activité en tant que compositeur : une de ses lettres propose à l’éditeur Janet et Cotelle l’envoi de plusieurs de ses compositions, pour publication.

Le père de Berlioz fut son professeur principal : les Mémoires du compositeur livrent des témoignages de cette éducation – latin (principalement fondé sur la lecture d’Horace et Virgile, qui restera central dans l’imaginaire de Berlioz comme le montre son opéra Les Troyens), français, géographie, anatomie. On ne peut enfin évoquer les premières années à La Côte-Saint-André sans rappeler la rencontre du jeune Hector avec sa « Stella montis », Estelle Fornéier, née Duboeuf : cette amie de la famille incarne pour Berlioz, dans sa beauté et son inaccessibilité, l’illumination du sentiment amoureux. Elle est l’un des piliers autour duquel le musicien construit le récit de sa vie dans les Mémoires.

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Un concert à mitraille et Berlioz, d’après J. J. Grandville

Un concert à mitraille et Berlioz, d’après J. J. Grandville
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Faust cherchant à séduire Marguerite, E. Delacroix

Faust cherchant à séduire Marguerite, E. Delacroix
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Les Troyens de Berlioz, mise en scène de D. Tcherniakov

Les Troyens de Berlioz, mise en scène de D. Tcherniakov
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Pour citer l’article

Cécile REYNAUD, « BERLIOZ HECTOR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hector-berlioz/