HARVEY POLLY JEAN dit PJ (1969- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un style violent et sensuel

Les talents de Polly Jean Harvey se manifestent très tôt. Remarquée à la fin des années 1980 par le guitariste et percussionniste John Parish, qui devient son mentor, la jeune femme se fait connaître dès l’album Rid of Me (1993), enregistré chez Island Records en trio avec le batteur et claviériste Rob Ellis et le bassiste Steve Vaughan. Le succès mondial de To Bring You my Love, son premier album solo paru deux ans plus tard, marque le début d’une période très créative, au cours de laquelle se mêleront des genres variés qui vont du blues gothique au rock classique en passant par le grunge ou encore le folk. La chanteuse se réalise pleinement, encadrée par les musiciens d’exception que sont le multi-instrumentiste Mick Harvey, un ancien membre des Bad Seeds de Nick Cave, le producteur Flood, ou encore John Parish. On voit éclore de nombreux titres qui sont devenus des classiques (« Down by the Water », « Send his Love to Me »).

L’album Dance Hall at Louse Point (1996), coécrit par PJ Harvey et John Parish, confirme l’assise rythmique, sèche et précise, qui donne aux chansons la netteté de leur contour mélodique. Is this Desire? (1998) et Stories from the City, Stories from the Sea (2000) procèdent d’une autre facture, plus expérimentale pour le premier, davantage dans la veine pop-rock pour le second, avec des titres comme « Good Fortune ». Sur l’album Uh Huh Her (2004), l’artiste déploie toute la palette de ses talents, avant trois années de moindre activité. En 2007, l’album White Chalk est une méditation gothique, qui fait la part belle au piano et à la cithare. Let England Shake (2011), éblouissant, se développe à partir de lettres de soldats de la Grande Guerre et multiplie les images d’un monde brisé. Peu à peu, les textes de PJ Harvey se sont émancipés d’un lyrisme égocentré, en manifestant son aversion pour toutes les formes d’oppression (« The Words that Maketh Murder », « The Glorious Land », « England »).

Pendant trois ans, la musicienne voyage au Kosovo, en Afghanistan, à Washington D.C., à la rencontre des populations victimes des mutations mortifères de la géopolitique. De ces impressions de voyage effectué en compagnie du photographe irlandais Seamus Murphy, elle tire un recueil de poèmes et de photos, The Hollow of the Hand qui paraît en 2015, puis, l’année suivante, l’album très abouti The Hope Six Demolition Project, où renaît l’espoir, quand partout semble triompher le malheur. On y retrouve une lointaine inspiration de la Bible, dont elle est une lectrice passionnée.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Michel P. SCHMITT, « HARVEY POLLY JEAN dit PJ (1969- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/harveypolly-jean-dit-pj/