PINTER HAROLD (1930-2008)

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Harold Pinter

Harold Pinter
Crédits : Hulton Getty

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Le Retour de Harold Pinter, mise en scène de Luc Bondy

Le Retour de Harold Pinter, mise en scène de Luc Bondy
Crédits : R. Waltz/ Theâtre de l'Odéon

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The Servant, J. Losey

The Servant, J. Losey
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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De l'apprentissage de la violence à l'écriture dramatique

Né en 1930 dans une famille israélite, Pinter a grandi dans un quartier juif de l'East End de Londres. C'est là que dans les années trente, puis de nouveau entre 1946 et 1950, lors du premier conflit en Palestine, le mouvement fasciste britannique organisait ses manifestations les plus importantes : c'est dans ce contexte tout à fait exceptionnel de violence raciste que Pinter passe ses vingt premières années. Il en sort objecteur de conscience, et obsédé par les situations de conflit où la seule issue est l'assujettissement, sinon l'anéantissement de l'Autre : c'est cette situation type que, en la dépouillant de toute spécificité historique, il reproduit sans cesse dans son œuvre. La parole y fonctionne essentiellement sur le mode du déni, comme écran de fumée (smoke screen) ou brouillage de piste : « On peut considérer le langage comme un stratagème systématique pour cacher sa propre nudité. » C'est ce qu'illustre cette anecdote exemplaire : face à un groupe de fascistes qui s'apprêtent à le rouer de coups, Pinter, encore lycéen, entame le dialogue suivant : « Ça va ? – Moi, ça va. – Alors ça va », et il s'éloigne, indemne.

N'ayant jamais fait de latin, il ne peut réaliser son ambition d'étudier la littérature anglaise à l'université. Il entre à l'École nationale d'art dramatique, mais s'y déplaît. Il vit donc pendant près de dix ans tantôt de ses talents d'acteur (sous le nom de David Baron, il fait des tournées en province et en Irlande), tantôt de petits métiers – camelot à Oxford Street, contrôleur de billets dans un bal public, vendeur de tout et de rien. C'est ainsi qu'il entre en contact avec des êtres marginaux, tout un monde crépusculaire d'habitants de garnis, de logeuses de province, de clochards, de blousons noirs et de maquereaux, qui peuplent certaines de ses pièces. Pendant cette période, il écrit des centaines de poèmes et de nouvelles, dont une partie seulement a été publiée (dans le recueil Poems de 1968, et dans Poems and Prose, de 1978). Ce sont des textes baroques et hermétiques où défi [...]


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Écrit par :

  • : maître assistant d'anglais, agrégée, docteur d'État, professeur à l'université de Paris-Nord

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Pour citer l’article

Ann LECERCLE, « PINTER HAROLD - (1930-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/harold-pinter/