GARFINKEL HAROLD (1917-2011)

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Situations

L'entrée des États-Unis dans la guerre interrompt ses études. Après la guerre, il s'inscrit en thèse avec Talcott Parsons à Harvard. Il se confronte alors sérieusement à l'œuvre de Parsons, qui l'intéresse pour la manière dont elle articule l'étude de l'action sociale et celle de l'ordre social. Mais il a l'intuition qu'il faut concevoir autrement cette articulation, et notamment reformuler les idées d'action et d'ordre, et adopter, pour rendre compte de l'expérience, une autre démarche que l'abstraction conceptuelle. Pour cela, il prend appui sur la phénoménologie avec l'aide d'Aaron Gurwitsch et sur le programme sociologique qu'Alfred Schütz en a tiré.

Les premiers travaux de Garfinkel se placent très directement dans la filiation de la pensée de Schütz. Ainsi s'intéresse-t-il, comme celui-ci, au problème de la constitution d'un monde intersubjectif, qu'il éclaire en mettant en évidence les caractères normatif et moral de l'arrière-plan de routines et d'attentes qui assure la stabilité des interactions sociales. Il montre aussi comment le maintien d'un ordre social et la coordination des actions passent par une confiance réciproque, et par un engagement motivé des agents sociaux en faveur des attentes constitutives de l'« attitude de la vie quotidienne », attentes dotées d'une légitimité et d'une valeur morale qui leur confèrent un caractère d'obligation. De ce point de vue, Garfinkel adhère à la conviction d'Émile Durkheim que la réalité sociale est d'abord et avant tout une réalité morale, avec ses deux dimensions d'obligation et de désirabilité, mais il reformule complètement cette conviction à partir de la phénoménologie sociale de Schütz.

Mais la manière de procéder de Garfinkel diffère en profondeur de celle de s [...]


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Pour citer l’article

Louis QUÉRÉ, « GARFINKEL HAROLD - (1917-2011) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/harold-garfinkel/