HAN GAN [HAN KAN] (VIIIe s.)

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Han Gan et la peinture de chevaux

Associés aux divertissements aristocratiques (polo, chasse, joutes et excursions), les chevaux étaient particulièrement prisés à la cour pour une raison plus subtile : tous les fondateurs de dynasties ayant, au sens propre du terme, conquis l'Empire à dos de cheval, leurs descendants avaient à cœur d'entretenir de vastes et splendides haras pour marquer leur fidélité aux vertus martiales dont leur pouvoir était issu. La dynastie Tang en fournit un bon exemple : Li Shimin (626-649) avait été grand amateur de chevaux et ses successeurs ne démentirent pas cette passion ; sous le règne de Xuanzong (712-756), que Han Gan fut appelé à servir, les écuries impériales comptaient près de quarante mille chevaux. Les meilleurs artistes étaient invités à faire le portrait des montures favorites du souverain (dans un poème de Du Fu se trouve décrite une telle « séance de pose ») ; outre qu'elle satisfaisaient le goût personnel de l'empereur, ces peintures revêtaient encore une signification officielle et historique : les régions lointaines du Ferghana et du Khotan envoyaient leurs plus beaux étalons en tribut à la capitale, et les peintures qui en étaient faites perpétuaient cet hommage rendu par les nations étrangères au rayonnement et au prestige de la cour chinoise.

On ne sait presque rien de la biographie de Han Gan ; il fut actif durant le second et le troisième quart du viiie siècle. Originaire du Henan ou du Shanxi, il vint très tôt habiter la capitale (Chang'an). Encore enfant, alors qu'il travaillait comme petit commis chez un marchand de vin (ce qui ferait supposer qu'il était d'origine modeste), son talent précoce aurait été remarqué par l'illustre poète et peintre Wang Wei : le récit de cette rencontre rappelle la légende, rapportée par Vasari, de Cimabue découvrant Giotto en train de dessiner ses moutons, et ne possède sans doute pas plus de fondement historique. Vers 750, le jeune artiste fut convoqué à la cour ; à ce moment, le règne de Xuanzong portait la civilisation Tang à son zénith. Il alla [...]


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Écrit par :

  • : reader, Department of Chinese, Australian National University

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Pierre RYCKMANS, « HAN GAN [HAN KAN] (VIIIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/han-gan-han-kan/