HALOPHYTES

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Intérêt économique

Même si l'on met à part les industries liées aux algues marines, l'intérêt économique des halophytes n'est pas négligeable. Une halophyte submergée comme la zostère peut être utilisée comme matériau d'isolation phonique ou thermique, comme garniture de matelas, ou pour fabriquer du papier. En Inde, les feuilles d'Enalus fournissent des fibres textiles, tandis que les tubercules et les fruits sont comestibles. En Israël, le jonc maritime, dont la matière sèche contient jusqu'à 55 p. 100 de cellulose, est cultivé pour fabriquer du papier.

Par ailleurs, la prairie à Puccinellia maritima sert de prairie de fauche ou de pâturage pour les moutons, les chèvres, les vaches, les oies, à condition de veiller à ce qu'il y ait un bon équilibre entre les possibilités de croissance de la végétation et les prélèvements qu'on y opère ; ceux-ci ne s'effectueront qu'après le départ des oiseaux migrateurs pour lesquels les prairies littorales sont un lieu de repos indispensable. Si la spartine de Townsend (Spartina Townsendi) risque, par sa croissance exubérante, de perturber l'embouchure de certaines rivières au point que son élimination à l'aide d'herbicides (dalapon, fenuron, 2-4 D par exemple) doit être envisagée, elle n'en reste pas moins une espèce précieuse pour stabiliser les vases tout juste exondées et pour faciliter ainsi la conquête de nouvelles terres sur la mer.

Les plantes halophiles présentent surtout un intérêt économique dans la récupération et l'utilisation des sols salés. Si une fois mis à l'abri des incursions marines, un sol salé peut perdre ses sels solubles par lessivage à l'eau douce et le sodium adsorbé sur ses colloïdes par addition de gypse ou de soufre et de calcaire, il n'en faudra pas moins commencer par cultiver sur un tel sol (polder par exemple) des espèces peu sensibles au sel (palmier-dattier, betterave, cotonnier) pour passer ensuite à des espèces de moins en moins résistantes (céréales, colza, eucalyptus, puis laitue, haricot, lin, enfin lentille, fraisier, pêcher). Fort heureusement, il existe, entre les halophytes et les glycophytes toute une série de plantes intermédiaires dont dépend la mise en culture de sols salés.

Dans de nombreuses régions désertiques, l'eau disponible pour l'irrigation contient des quantités assez importantes de sels dissous, quantités qui risquent d'être d'autant plus dangereuses que cette eau, une fois utilisée, va subir une évaporation souvent intense. Son emploi nécessite donc un certain nombre de précautions : déverser de grandes quantités d'eau pour limiter la concentration des sels dans le sol, maintenir la nappe phréatique à une profondeur assez grande pour empêcher la remontée des sels en surface, apporter des ions calcium si l'eau utilisée est sodique afin d'éviter la formation d'argile sodique, etc., et surtout cultiver des espèces résistantes aux sels.

Ces quelques exemples montrent l'importance économique des halophytes. Les sols et les eaux salés sont très répandus à la surface du globe et leur existence nuit beaucoup au développement agricole de certains pays (Israël, Indes, régions désertiques en général). De plus certaines espèces vivant en milieu salé sont très abondantes et peuvent être des sources de matières premières : par exemple, sur les côtes hollandaises, 1 500 ha sont recouverts de zostères ; au Danemark, ces mêmes zostères fournissent chaque année 24 millions de tonnes de matière végétale fraîche, quantité supérieure à la production annuelle des herbages de ce pays.

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Écrit par :

  • : professeur à la faculté des sciences de Caen.

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Pour citer l’article

Paul BINET, « HALOPHYTES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/halophytes/